Tamurt (le pays)
est à la fois un reportage et un voyage. Composé
d'une quarantaine de photographies en noir et blanc et
couleur, Tamùrt se veut un dialogue visuel. Une
exploration d'un lieu de mémoire. Une visite dédiés
aux Anciens. A ceux qui ont marqué mon enfance.
A ceux qui ont déjà rejoint el Djanet, le
Paradis, leur dernière demeure. Et à cette
nouvelle génération qui ne sait pas de quoi
demain sera fait. A 400 kilomètres d'Alger, à
90 kilomètres de Béjaïa (Bougie), au
fin fond du Djebel, en petite Kabylie.
Dans la commune de Beni-Mohli et ailleurs. A travers près
de quatorze ans d'images photographiques, l'auteur égrène
souvenirs visuels et olfactifs. L'odeur de la terre, des
oliviers et de l'huile d'olive (si chère), des
figuiers et des figues de Barbarie aux épines vicieuses.
de la galette (Ahroum ou el Kess'ra) cuite sur le Kanoun
et des piments pillés à l'huile d'olive.
Pourquoi Tamùrt ? Parce que le mot en lui-même
est un symbole. D'amour et de racines. Exode rural et
civilisation moderne obligent, le paysage architectural,
les gens de Tamùrt changent. Avant qu'ils ne disparaissent
à jamais, ces quelques clichés ne sont qu'un
hommage de gélatine, un devoir de mémoire.
Slimane Azem, dans l'une de ses chansons, qui date par
ailleurs, se languissait déjà et se demandait
où est passé ce " temps où nous
chantions près des métiers à tisser,
lors de la coupe de bois, ce temps des veillées
poétiques [.] il ne nous reste aujourd'hui plus
que le chant et la danse [.] Zek de Zek, Assey d'Assey
(hier c'était hier, aujourd'hui, c'est aujourd'hui
" En clair, il nous faut vivre avec notre temps.
Mais surtout ne rien oublier. Rien de ses racines.