Exposition
réalisée avec le concours du CRP Nord-Pas
de Calais
Commissaire de l’exposition Frédéric
Faure
Deux temps pour un même pays… deux époques,
distantes de quelques dizaines d’années. En
Palestine, la photographie se révèle être
le témoin muet et subversif du passage d’un
univers millénaire au chaos des passions religieuses,
aux haines hégémoniques et aux désarrois
humains.
A la fin du 19e siècle ou au début du 20e
, la Palestine a été une terre inspiratrice
pour la photographie. Chaque paysage réalisé
à cette époque,porte en lui les stigmates
de religions fondatrice de nos sociétés.
La terre de Palestine bruisse d’une religiosité
sourde et porte de poids d’une histoire ayant modelé
notre monde. C’est ce que traduisent, chacun à
leur manière, les deux regards portés sur
elle par les photographes de l’atelier Bonfils et
par ceux de l’Ecole Biblique et Archéologique
Française de Jérusalem.
Vient ensuite le temps du chaos, celui de l’affrontement
des deux peuples issus de la tribu de Sem. Une première
Intifada où les pierres se heurtent à l’armement
moderne, puis une seconde… entre les deux un essai
avorté de Paix. Au loin, on s’habitue aux
nouvelles mais la photographie, celle de John Tordaï,
de Pierre Devin ou de Fabiana Figueiredo, nous rappelle
de quoi réellement… annexion, répression,
mutilations, destruction, enfermement...
Et il y a les regards intérieurs, ceux des adolescents
palestiniens des camps en Territoires Occupés et
ceux des adolescents palestiniens réfugiés
en Jordanie… la banalité de leur situation
d’apatrides sur leur propre sol, de leur relégation
aux marges de la vie. Puis, il y a la perte, celle de
la vie, suggérée dans les visages de mères
de martyrs faits par la photographe palestinienne Rula
Halawani.