La qualité
de la vue, c’est la qualité de la vie !
Ce slogan publicitaire prouve à quel point notre
société est régie par le visuel et
exclue ainsi de la scène publique ceux qui ‘voient
autrement’. Et pourtant, ils sont plus de 50 millions
dans le monde à être amblyopes (malvoyants).
La première rencontre de Magali avec ces personnes
s’est faite à travers le sport et a totalement
bouleversé sa perception de leur monde. Athlètes
professionnels ou amateurs, ils sont intrépides,
compétitifs, épanouis.
Dans ce travail, on ne rencontre ni chien guide ni canne
blanche mais un bandeau qui couvre les yeux du footballeur,
ou encore le son de la voix du pilote qui guide le skieur.
A chaque fois, une relation de confiance unique est établie.
Hobby du dimanche ou raison d’exister, le sport
libère le corps et l’esprit : il aiguise
aussi l’acuité auditive de l’aveugle
dans un espace où ce sont les ‘ombres sonores’
qui servent de repères. Il aide le malvoyant à
utiliser la vision résiduelle au maximum. Cet entraînement
des sens leur permettra de mieux affronter le quotidien.
Un des personnages du projet a perdu la vue suite au diabète.
Il utilise une métaphore pour expliquer comment
il a surmonté cet handicap : ‘Quand une horloge
tombe en panne, le temps continue de s’écouler.
C’est seulement si on regarde l’horloge qu’il
s’est arrêté. De même pour nous:
la vie continue, c’est une question d’adaptation
et de courage.’ Et il en faut énormément.