Daniel Percheron
Voilà quatre ans que le festival
" les Transphotographiques " accueille, en région
Nord-Pas de Calais, les talents du monde entier qui, inlassablement
nous séduisent et nous étonnent dans le foisonnement
de leurs énergies multiples, réunies autour d'un
seul mot d'ordre : la modernité.
Ainsi
va la photographie. Fine interprète des évolutions
du monde, exploratrice de ses possibilités infinies,
elle conte ses histoires et s'offre à voir, en magicienne
polymorphe, sur les murs habillés de la vingtaine de
pôles photographiques accueillant les festivals in et
off.
Pour cette édition 2004, c'est au thème de la
transformation que tous les objectifs se sont voués.
Et cette année, où Lille et toute la Région
Nord -Pas de Calais célèbrent passionnément
la culture, multipliant les événements et les
métamorphoses les plus inattendus, l'imagination, à
n'en point douter, sera au pouvoir.
Des
photographes de renom viennent à votre rencontre et
vous tendent la main pour ce grand rendez vous désormais
annuel. Il vous appartient de vous immerger dans le foisonnement
de leurs propositions, de choisir entre les genres les plus
divers la ligne singulière de votre sensibilité
et de témoigner, cette année encore, de votre
engouement croissant pour un art résolument généreux
et ouvert.
Tous mes vux de réussite à la quatrième
édition des Transphotographiques et excellent festival
à tous.
Daniel PERCHERON
Président du Conseil Régional Nord-Pas de Calais
Jean Luc Monterosso
Une capitale pour la photographie
Premier festival transfrontalier, les Transphotographiques
occupent une place originale dans le paysage culturel français.
Inscrite cette année dans le programme de " Lille
2004, Capitale européenne de la Culture ", cette
manifestation, orchestrée autour du thème très
actuel des " transformations ", rassemble une cinquantaine
d'expositions dont une dizaine dans la sélection officielle.
Lille, bien sûr, mais aussi Arras, Calais, Croix, Noeux,
Valenciennes et Courtrai accueillent du 15 mai au 15 juin
un panorama de la création photographique contemporaine.
Des figures célèbres, comme William Klein, Sebastiao
Salgado, Bettina Rheims, Georges Rousse, ont accepté
d'apporter leur contribution aux Transphotographiques, et
la Maison Européenne de la Photographie a ouvert ses
collections, afin de créer dans cette région
du coeur de l'Europe, un dialogue fructueux et convivial.
Déjà solidement irriguée par des institutions-phares
comme le Studio National des Arts Contemporains du Fresnoy,
ou des actions exemplaires comme la mission Transmanche, la
scène photographique est animée dans le Nord
d'une vitalité et d'un dynamisme incomparables. Grâce
au directeur du Festival, Olivier Spillebout, le Conseil Régional,
les collectivités locales, les entreprises, et d'une
manière générale, bon nombre d'acteurs
et opérateurs culturels, ont apporté leur concours
à un festival qui se veut aujourd'hui résolument
tourné vers l'Europe et la création.
Inscrire le thème des transformations comme point focal
de la manifestation, c'est s'inscrire d'emblée dans
une des problématiques les plus actuelles de la photographie.
Non seulement cette dernière a pour vocation première
d'enregistrer les transformations du monde, sociales, politiques,
écologiques..., mais, sous le coup d'une profonde mutation
technologique -l'irruption du numérique et de son corollaire,
le virtuel-, la photo elle-même se remet en question.
Dans ce foisonnement où se croisent et se juxtaposent
les recherches les plus diverses, des choix s'imposent.
Si la transformation du paysage -qui, à lui seul, constitue
un thème à part entière- a retenu depuis
les années 80, et surtout la mission DATAR, l'attention
de bon nombre de photographes, c'est le corps qui, de manière
récurrente, constitue l'autre versant des expérimentations.
Délibérément, c'est en partie autour
de lui que s'organise notre réflexion, tandis que quelques
autres directions sont esquissées.
Ainsi, l'exposition présentée à l'Hospice
Comtesse, " le corps aujourd'hui ", retrace à
travers une centaine d'oeuvres -de la série complète
des Brown Sisters de Nicholas Nixon aux travaux de Catherine
Ikam ou LawickMüller, en passant par Michel Journiac,
Cindy Sherman, Orlan ou Diana Michener-, l'histoire récente
des métamorphoses du corps, en tant que sujet esthétique,
mais aussi enjeu politique, tandis qu'en filigrane se profile
l'évolution du medium.
A ce panorama répond la série des Modern Lovers,
de Bettina Rheims, exposée pour la première
fois à Charleroi et à Paris en 1990, et jamais
réexposée depuis, qui, entre adolescence et
post-adolescence, questionne le statut ambigu de la sexualité.
L'espace " Graphèmes " complète cette
réflexion par la présentation de vidéos
d'auteurs, créations originales, inédits, ou
auto-portraits d'Eva et Adèle, Pierre Molinier, ou
Jürgen Klauke. Dans un autre registre, et comme un arrêt
sur image, Sebastiao Salgado photographie les transformations
du corps social et analyse, à travers trois séquences
d'images extraites de son célèbre livre "
La Main de l'Homme ", les transformations du travail
humain, au tournant du troisième millénaire.
C'est la transformation de l'espace, et plus particulièrement
de l'espace du musée, qui fascine les trois photographes
exposés au Palais des Beaux Arts. Jean-Christophe Ballot,
architecte de formation, a couvert les nouveaux aménagements
du musée du Louvre à Paris, Patrizia Mussa a
suivi la reconstruction d'une aile du Castello di Rivoli à
Turin, grand musée de l'art contemporain en Italie
et Jacques Quecq d'Henripret s'est attaché aux travaux
de rénovation du Palais des Beaux Arts de Lille. Au
delà du document, chacun d'entre eux nous livre une
vision réfléchie centrée sur le subtil
passage de l'ancien au moderne.
Des créations spécialement conçues pour
le festival viennent enrichir et compléter cette programmation.
Georges Rousse investit à Lille la Maison de la Photographie
pour produire une pièce nouvelle et réaliser,
comme à son habitude, une installation " in situ
", tandis que plusieurs de ses oeuvres sont présentées
à Valenciennes. En collaboration avec la Ville de Paris,
la Fondation Hachette a envoyé ses jeunes lauréats
dans les capitales des pays récemment accueillis dans
la Communauté Européenne. Les fruits de leurs
travaux, mis en espace par Peter Knapp, sont exposés
à l'Hôtel de Ville de Lille, images emblématiques
d'une transformation politique et économique en cours.
Mais c'est à William Klein, peintre, photographe, cinéaste,
que revient le soin de donner le " la ". Dans un
Lille en pleine effervescence, il se propose de montrer les
acteurs qui font " bouger " la ville. Cette fresque
sociale et photographique d'une cité en mouvement constitue
le prestigieux fil d'Ariane de ces Transphotographiques 2004
dont la 4ème édition s'apprête une fois
encore, avec toute une constellation d'autres animations et
manifestations " off " à faire battre le
pouls d'une région toute entière.
Jean-Luc
Monterosso
Directeur de la Maison Européene de la Photographie
Olivier Spillebout
Transphotographiques
2004, 4ème édition
Voilà
4 ans que nous uvrons, à Lille et dans toute
la région, à développer la place de la
photographie et plus particulièrement celle des Transphotographiques.
Parfois non sans peine et difficultés, mais toujours
avec un enthousiasme intact.
C'est au cur de cette année merveilleuse qu'est
déjà Lille 2004, Capitale Européenne
de la Culture, au cur de cette " saison 02 ",
qu'il nous appartient d'investir grâce à l'image,
mais aussi au travers des lieux, des photographes invités,
des partenariats renouvelés.
La thématique de la transformation, développée
dans chacune des expositions du programme officiel, sera l'occasion
de voir aussi se transformer le festival, et ce, sur de nombreux
points.
Dans notre souci de professionnalisation, nous avons eu à
cur de conforter la qualité artistique, par des
commandes bien sur , mais aussi en décidant de confier
chaque année la direction artistique à un Commissaire
Général, reconnu, apportant ainsi une nouvelle
orientation à la programmation.
Cette année, Jean Luc Monterrosso, Directeur de la
Maison Européenne de la Photographie à Paris,
a accepté de poser sur notre encore jeune festival,
un regard bienveillant et professionnel ; c'est certainement
la chose la plus agréable qui soit arrivée aux
Transphotographiques, après 4 années de travail.
Cette caution morale et artistique aura été
et restera un atout majeur dans cette mutation des Transphotographiques
et une réelle opportunité pour leur développement.
Très sincèrement, j'espère que nos projets
autour de la Maison de la Photographie Nord Pas de Calais
nous donneront de nombreuses fois l'occasion de croiser cette
Maison Européenne et son directeur.
La
Maison de la Photographie aura la chance d'accueillir en mai-juin
2004, outre l'exposition de Georges Rousse initialement prévue,
une installation de cet artiste de grand talent : Georges
Rousse immortalisera en effet l'escalier de notre lieu de
vie, par une uvre inédite, qui viendra compléter
les marches du Guggenheim de New York ou d'autres réalisations
aussi prestigieuses
.
Nous vivrons également une transformation cette année,
dans la structure de la programmation, où vous pourrez
découvrir un programme officiel recentré autour
d'une dizaine d'expositions, avec une thématique commune,
alors que le Off prend enfin, après 4 ans, sa vraie
mesure, autour de près de 40 expositions présentées
sur l'ensemble de notre euro-région.
Après
les prestigieux Willy Ronis, Sabine Weiss, Peter Lindbergh,
c'est au tour du grand William Klein, l'un des plus célèbres
photographes contemporains, de " parrainer " cette
4e édition. Au travers d'une commande inédite,
créant par ses images un instantané des acteurs
de notre région en pleine mutation, nous fixons, nous
aussi, historiquement, le regard de cet artiste exceptionnel
sur notre territoire.
Cette rencontre entre William Klein et les Transphotographiques
reste un moment inoubliable pour toute notre équipe.
Nous espérons que les fidèles du Festival y
verront le signe d'une évolution franche, avec cette
exposition " Des Lillois vus par William Klein "
Salle du Conclave, mais aussi avec " Rénovations
" au Palais des Beaux Arts, " Transparence - Transformance
- Transmutation " à l'Hospice Comtesse, ou encore
" Modern Lovers " de Bettina Rheims au Musée
de Courtrai.
Cette
programmation exceptionnelle pour l'année 2004, n'aurait
pu exister sans le concours de nos traditionnels partenaires
institutionnels et privés, comme le Conseil Régional
Nord-pas-de-Calais, LMCU, les conseils généraux,
la DRAC, les villes de Lille, Valenciennes, Noeux les Mines,
Croix, Courtrai, et EPSON France, qui nous suivent depuis
le début de l'aventure.
Mais nous bénéficions aussi cette année
de nouveaux soutiens, qui nous permettent de voir plus grand
et de conforter le développement du festival : Lille
2004, bien sûr, mais aussi la Banque de Neuflize, l'Agence
Graphèmes, la société Picto, la Voix
du Nord, le Furet du Nord, et la Commission Européenne
avec le programme Interreg III, les consulats d'Italie et
de Pologne
Au-delà
des institutions, Les Transphotographiques remercient également
ces femmes et ces hommes qui ont plus particulièrement
été proches de notre projet aux instants décisifs
: je pense à Martine Aubry, Daniel Percheron, Dominique
Riquet et Ivan Renar, Jean Michel Stievenard, Patrick Roussies,
Stefaan De Clerck, Frédéric Francisque, Philippe
Bedouet et Jean Baptiste Vouters, Thierry Hugot, Carmela Gragnani
et Marek Chojnacki, toute l'équipe des Transphotographiques,
et tous ceux que j'oublie de citer
Ces soutiens permettront aux visiteurs de l'Euro-Région,
de la France, et de l'Europe, de bénéficier
d'un mois d'expositions, toutes gratuites, sur tout le territoire,
mêlant les grands noms aux jeunes talents, dans une
dynamique naturelle, liée tout simplement à
l'amour de l'Art Photographique.
Olivier Spillebout
Directeur du festival
Patrick Roussies
C'est
avec un immense plaisir que Valenciennes Métropole
accueille, pour la deuxième année, les Rencontres
Internationales de la Photographie, placées sous la
thématique de la transformation.
Transformation
des corps, transformations sociales, ce thème prend
tout son sens lorsqu'il s'agit de notre territoire qui connaît
depuis quelques années une profonde mutation (projet
de territoire, requalification des friches industrielles,
valorisation du paysage minier,
)
Véritables
artistes, les photographes contemporains ont fait du 6ème
Art, un art majeur où se mêlent regard du monde
et créativité.
Georges Rousse en est un exemple remarquable. Artiste de renommée
internationale, il travaille sur les paysages urbains (usines
désaffectées, bâtiments voués à
la destruction,
) et transforme l'espace au gré
de son imagination.
Son
uvre vous sera d'ailleurs présentée dans
le cadre du Festival In.
Le
Festival Off fera la part belle à Jean-Noël Reichel
qui, en résidence à l'Espace Pier Paolo Pasolini,
a investi notre Valenciennois à la rencontre des Femmes
et des Hommes, nés ici ou ailleurs. François
Daumerie, quant à lui, interviendra à la bibliothèque
universitaire alors que les lycéens de Condé
sur l'Escaut confronteront leurs travaux à ceux de
Remy Guerrin.
Merci à Olivier Spillebout et à toute l'équipe
des Transphotographiques de nous permettre de rencontrer des
uvres et des artistes.
Je
vous souhaite un très bon festival, que vous soyez
passionné, amateur éclairé ou simple
néophyte.
Patrick ROUSSIES
Vice-Président de Valenciennes Métropole
Délégué à la Culture
Jean Marie Vanlerenberghe
Dans
notre belle ville d'Arras, l'histoire, le patrimoine et la
culture occupent plus que jamais une place essentielle pour
la vie de la cité. En 2004, la ville s'inscrit largement
dans le programme de Lille 2004, avec l'exposition Rubens
contre Poussin au Musée des Beaux-Arts, le lancement
d'une " maison-folie ", véritable lieu culturel,
des spectacles et des concerts, la 3éme édition
de " Sacrés Belges "
Naturellement,
l'offre culturelle se poursuit et se précise avec le
festival international du cinéma organisé par
Plan Séquence, les travaux de rénovation et
d'agrandissement du Théâtre, l'inauguration attendue
de Cité Nature et plus tard l'ouverture des Carrières
Wellington, véritable mémorial en gestation,
comme bien d'autres initiatives passionnantes.
Avec
les TRANSPHOTOGRAPHIQUES, nous retrouvons ainsi cette année
encore dans la " capitale " du Pas-de-Calais de
nouvelles pages culturelles, avec de grands moments et de
belles images.
La
photographie, élevée au rang d'art et quand
elle s'expose, apporte au plus grand nombre cette magie de
l'instant saisi par l'il de l'artiste. A l'heure où
la photo, portée par le boom du numérique, déchaîne
les passions et les envies du grand public et de certains
artistes, de grands rêves de voyages au bout du monde
ou au coin de la rue semblent désormais possibles pour
beaucoup.
Le
programme 2004 des TRANSPHOTOGRAPHIQUES pourrait bien précisément
offrir ces aventures proches ou lointaines, avec talent et
expertise, comme en témoigneront l' " Après
Babel " de Frédéric Bellay, les "
passions " du Collectif Marge, les " bains "
de la Canadienne Ruth Kaplan, la " ballade irlandaise
" de Michel Staumont et les travaux d'un groupe d'étudiants
de l'Université d'Artois.
Bon
voyage en images !
Jean-Marie Vanlerenberghe
Sénateur-maire d'Arras
Président de la Communauté Urbaine d'Arras
Isabelle de Mezerac
Croix
est une ville très intéressante pour la diversité
et la richesse de son patrimoine architectural.
La mise en valeur de celui-ci, à travers la photographie,
semblait une approche incontournable, parce que accessible
à tous les publics et notamment les plus jeunes.
Au détour de nombreuses rues, près de quatre
siècles d'histoire nous sont encore livrés,
et la révolution industrielle a laissé une empreinte
toujours bien visible aujourd'hui.
Sur notre territoire, le thème des transformations
y prend alors tout son sens.
Waldemar SLIWCZYNSKI, à travers son objectif, va permettre
d'offrir un véritable témoignage aux visiteurs.
Ce travail de toute beauté, puisque l'artiste utilise
la technique panoramique, est une étape significative,
dans notre souhait de mettre en valeur le cadre de vie des
Croisiens.
Isabelle
de MEZERAC
Adjointe à la Culture