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Rénovations
Les musées s'agrandissent et se rénovent. Sanctuaires
de l'art, mais aussi lieux de rassemblement, ils sont devenus
aujourd'hui les nouvelles cathédrales. Témoins
de cette mutation, les photographes mémorisent, au
jour le jour, les différentes phases de leurs transformations.
Jean-Christophe Ballot, architecte d'origine, photographie
le Louvre en pleine rénovation, Patrizia Mussa enregistre
la reconstruction d'une des ailes du Castello di Rivoli, près
de Turin, qui abrite une des plus importantes collections
d'art contemporain en Italie, et Jacques Quecq d'Henripret,
la récente modernisation du Palais des Beaux Arts de
Lille. Une centaine d'oeuvres, au delà du document,
nous restituent les traces d'un passé récent,
et nous font revivre, à travers un regard et une sensibilité
toujours en éveil, la mue souvent surprenante de ces
prestigieux bâtiments.
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Par
le compagnonnage d'une décennie entre un artiste
et un lieu, c'est une aventure constructive, mais aussi
un grand projet de l'Etat, qui nous sont restitués,
dans la beauté parfois presque tragique des saignées
percées dans les murs du vieux musée, ou la
rudesse des travaux de terrassement et de consolidation
de l'actuel niveau public gagné sous la grande pyramide
de Pei.
Mesure du temps passé ; miroitement des emballages
de plastique répondant aux dorures des salons Napoléon
III; appareillage rustique des anciens murs contrastant
avec la régularité des banches du soubassement
du nouveau Grand Louvre ; mise à nu, dans la salle
des Etats accueillant l'épopée de Catherine
de Medicis transcendée par les pinceaux de Rubens,
des moulures de marbre créées en 1953 par
l'architecte Jean-Charles Moreux
Ce regard à la fois contemplatif et analytique, Jean-Christophe
Ballot le doit peut-être à sa formation initiale
d'architecte : " Etre architecte, même si l'on
n'a jamais construit, c'est avoir un rapport, un regard
particulier à l'espace. Une fois qu'on a porté
ce regard, on peut le raconter. Un espace est porteur d'une
histoire. Il ne se passe rien, mais il y a un contenu. Mes
acteurs à moi, ce sont les volumes, la lumière,
les traces."
Mise
en abyme
Mais l'intérêt de ce travail n'est pas purement
documentaire, quand bien même il porte témoignage
de la vie mouvementée de ce véritable palimpseste
qu'est le nouveau " Grand Louvre ". Par-delà
la trace d'instants de destruction/reconstruction d'un ensemble
monumental dont chaque recoin est un condensé d'histoire,
il s'agit aussi de la vision d'un artiste sur un lieu qui
prend lui-même une valeur de pièce - monumentale
- de musée. Il y a ici création d'une uvre
sur l'uvre, une sorte de mise en abyme du work in
progress que constitua ce grand chantier. L'exposition faillit
même s'appeler un temps, " Le Louvre de Jean-Christophe
Ballot " : il ne faut pas y voir l'indice d'une volonté
d'appropriation, mais bien plutôt le signal d'un regard
sur une uvre, qui a fait son tour uvre.
Guillemette
Morel - Journel
Texte publié dans le numéro 136 de la revue
AMC en septembre 2003.
Exposition du 15 mai au 15 juin "Le
Louvre"
au Palais des Beaux Arts - Place de la République
- Lille
Ouvert le lundi 14/18h., du mercredi au dimanche 10/18h.,
le vendredi jusque 19h
(fermé le mardi)
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Officiel des Transphotographiques 2004
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