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Transformer, c'est étymologiquement
faire passer d'une forme à une autre. En ce sens, c'est
la fonction même de l'art, en tout cas celle de la photographie
qui, depuis ses origines, enregistre les transformations
du monde : les paysages, urbains, industriels ou ruraux,
mais aussi le corps et ses métamorphoses. Aujourd'hui, sous
le coup d'une profonde mutation, en particulier celle du
numérique, l'art de Nièpce se remet en question. Il n'enregistre
plus seulement le réel, mais le met en scène ou le produit.
En inscrivant la thématique de la transformation au coeur
des Transphotographiques, il s'agit, à travers une dizaine
d'expositions, de dégager les deux arrêtes vives de la photographie
contemporaine, à savoir sa fonction de témoignage et son
propre questionnement.
C' est à partir de la prestigieuse collection de la Maison
Européenne de la Photographie que le programme officiel
du festival a été élaboré. Sebastiao Salgado avec "
La main de l'homme ", Bettina Rheims et ses "
Modern Lovers ", Georges Rousse et quelques unes de
ses anamorphoses, mais aussi Orlan, Catherine Ikam ou Aziz
+ Cucher illustreront, à travers leurs oeuvres, ce thème
foisonnant et paradoxal. Comme il se doit, et à l'occasion
de " Lille 2004, capitale européenne de la culture
", les Transphotographiques offrent une carte blanche
à un grand photographe. William Klein a accepté de donner
le " la ", sous la forme d'une création originale,
en réalisant une série de vingt-cinq portraits grand format
de ceux qui font bouger Lille : acteurs culturels, politiques
et économiques ou de la société civile. Rayonnant sur toute
la région, les Transphotographiques tenteront ainsi, une
fois encore, de mettre en résonance images et création.
Jean
Luc Monterosso, Commissaire Général
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