Cette
exposition de photographies, est l'illustration de l'ordre
et du chaos, et de leur mise en miroir.
L'ordre
et le cristal, " Cristal Palace " arêtes
dures, beau bâtiment du 19éme, (musée,
mais où logent les muses ?) royaume du géométrique,
prismes des bâtiments, parallélépipèdes,
pyramides, dômes, niches, encorbellement, voussures
et perspectives.
Cet
ordre intangible, on l'aurait cru, ce cristal dur, livré
pour un moment aux protubérances céphaliques
daliniennes des architectes, ossatures gardées, squelettes
à jour mais sols défoncés, murs éclatés,
escaliers de marbre effondrés, plafonds crevés.
Et
mon regard scanner, caméra obscura sur l'épaule
(alors que je viens ici pour photographier le chaos par
fragments (ces petites choses fragiles élaborées
depuis l'aube des temps parle mental mou des hommes) stockés
dans ces immenses réserves, citernes du temps, exhumation
fugitive pour la photographie
) je mitraille les trous,
les traces, les boues, gravats, déchets, le travail
des hommes à l'intérieur du cristal, les hommes
fourmis et les machines insectes pelleteuses et bulldozers,
muscles d'acier, grues et taureaux mécaniques, camions
et wagons au fer tanné de chocs.
J'ai
photographié donc l'ordre du cristal livré
au chaos des machines et des hommes.
Et
puis le chaos
qui habite le cristal, le chaos de toutes
les productions que le mental a pu imaginer
uvre
peint, sculpté, dessiné, tous les délires
de la cervelle éclatée, tous les illuminés
incohérents des siècles passés, ces
choses fragiles, minuscules - qui devraient être éphémères
sans les jardiniers du temps - pratiquement périssables,
maintenues en survie, mais en vie. L'expression de toutes
les ruses du mental avec le pouvoir pour malgré tout
exprimer le désir, la luxure, le sexe, la souffrance,
la misère, la mort, la bouffe, la jalousie, la terreur,
le cauchemar, mais le rêve, l'harmonie, la géométrie,
le plaisir, bonheur : la VIE.
Tout
ça, photographié en vrac dans ces réserves,
citernes du fantasme, avant que le regard savant ne tente
d'y mettre " bon ordre ", évolution, continuité,
cohérence : l'HISTOIRE DE L'ART
structuration,
rigidification.
Mais tout est mental, oh miracle !
Des confrontations des deux corpus photographiques, celui
de la transformation et de la conservation, jaillit du sens
: c'est de cela dont il s'agit dans cette exposition.
Jacques
Quecq d'Henripret
Exposition du 15 mai au 15 juin "Le
Palais des Beaux Arts de Lille"
au Palais des Beaux Arts - Place de la République
- Lille
Ouvert le lundi 14/18h., du mercredi au dimanche 10/18h.,
le vendredi jusque 19h
(fermé le mardi)
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