Georges Rouse
"
Traces"




Georges Rousse est un photographe. Mais il est aussi peintre. Son travail - qui se décompose en deux temps bien distincts : la peinture, puis la photographie - procède de la révélation d'une image, surgie de son imaginaire dans l'espace où il opère. Perçue à partir d'un point fixe, celle-ci est tout d'abord peinte sur les différents plans du lieu où il a été imaginée, puis reconstituée par l'œil de l'appareil photographique placé en ce point, elle est enregistrée sur la pellicule. Question de projection et de placement. Jeux d'anamorphose et d'illusion. Apparu au début des années 80 dans le contexte d'une figuration retrouvant sa liberté, l'art de Georges Rousse s'est très rapidement développé sur le terrain abstrait. Visant à mettre en jeu nos habitudes perceptives, il a multiplié les jeux d'articulation des plans de l'espace investi. Passant de l'un à l'autre, s'abîmant ici dans les reflets d'un miroir, là dans les dédales d'une architecture, les images de Rousse ont alors gagné une mystérieuse complexité formelle. Puis le mot est apparu et, avec lui, le texte. Comme pour mieux souligner la puissance poétique d'une démarche fondée sur la mémoire, au service de la révélation du site à sa propre surprise. Tirées en sérigraphie au format monumental de grandes affiches, les treize photographies de Georges Rousse qui sont ici présentées composent un parcours rétrospectif de son œuvre. Sous la grande verrière désaffectée de la gare d'Austerlitz, celle-ci résonne d'un accent particulier. Toute la richesse plastique de la lumière et des jeux formels qui la nourrissent y est relevée, de même que l'étonnante vision qu'elle offre d'un monde sur le bord de la ruine.

Philippe Piguet

Les sérigraphies grands formats auxquelles fait référence Philippe Piguet, extrait d'un travail réalisé à Paris pour la gare d'Austerlitz, en 1980, sont présentées dans la cour de l'Hôpital du Hainaut de Valenciennes comme des fragments d'une performance passée.
Dans la salle d'honneur de l'hôpital et à travers des projections vidéographiques, le spectateur pénètre, notamment grâce au film de Gilles Péru, " la lumière et la ruine ", dans l'atelier de Georges Rousse et les arcanes de sa création.


Exposition du 15 mai au 15 juin "Traces"
à l'Hôpital du Hainaut - Place de l'Hôpital Général - Valenciennes
Ouvert tous les jours de 13h à 18h.

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Officiel des Transphotographiques 2004