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Jean-Philippe Charbonnier (1921-2004) a été
élevé dans un milieu artistique - son père
est peintre, sa mère écrivain. Il découvre
la photographie en 1939, dans le studio de Sam Lévin,
célèbre portraitiste de cinéma. Après
un passage dans les laboratoires de Blanc et Demilly, photographes
réputés à Lyon, puis au journal Libération
comme metteur en page, il rejoint à temps plein l'équipe
du magazine Réalités, en janvier 1950. Reporter
pendant plus de vingt ans pour ce mensuel, qui a marqué
le reportage photographique, Jean-Philippe Charbonnier parcourt
le monde, l'Afrique et l'Asie surtout. Sans oublier la France,
que cet intercesseur privilégié fait découvrir
à travers des reportages sans concessions, à
la fois pris sur le vif et construits. Jean-Philippe Charbonnier
quitte Réalités en juillet 1974 au moment où
le monde s'uniformise - il dit alors que les touristes forcent
le folklore et que les magazines fleurent le dépliant
touristique.
Convaincu, comme il l'écrit, que l'exotisme portait
un costume en Tergal gris et logeait à un demi ticket
de métro de chez lui, Jean-Philippe Charbonnier a commencé
à photographier, en 1975, dans un rayon d'un kilomètre,
son environnement le plus proche. Soit le quatrième
arrondissement de Paris. C'est ce long reportage que nous
exposons au palais Rihour. Les gestes quotidiens des habitants
du quartier deviennent sa nouvelle destination. Il dira à
propos de ces images : " J'ai photographié toutes
ces personnes, pas toujours sans cruauté, certes, mais
avec un intérêt passionné, avec une tendresse
lucide, puisque étant un des leurs, et vivant leur
vie, mais à ma façon. A part les déserts
que je regretterai toujours, la seule chose qui m'intéresse
encore dans les pays dits exotiques ou en voie de développement,
c'est tout ce dont le touriste et ses brochures n'ont cure,
c'est tout ce où je suis, à l'égal de
l'autochtone, une personne urbaine, contemporaine, pas une
visite guidée, c'est à dire une vraie personne,
ce qui n'intéresse que moi. C'est exactement ce que
j'ai fait, ici, pendant ces trois dernières années,
dans ma ville natale, longtemps négligée, qui
est, elle aussi, terriblement exotique mais dure pour ceux
qui ne peuvent que la visiter et dont elle ne vaut pas davantage,
Paris, dont la Grande Mosquée presque désaffectée
mais habitée quand même de mystères délicieux
s'appelle Notre-Dame. "
A.M.
Exposition du 25 mai au 25 juin "L'exotisme
est à un demi ticket de métro de chez moi"
au Palais Rihour - Place Rihour - Lille
Ouvert le lundi de 9h30 à 12h et de 14h à 18h.Du
mardi au samedi de 9h30 à 18h.
Le dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h.
Tél. 03 20 54 78 75
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Officiel des Transphotographiques 2005
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