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Thibaut
Cuisset déploie son travail photographique par campagnes
successives sur des territoires variés : Australie,
Suisse, Espagne, Italie, Corse, Turquie, Bretagne, Japon,
Pays de Loire. Les lieux ne sont pas envisagés sous
l'angle de l'actualité mais comme des paysages modelés
par l'Homme et par le temps : espaces urbains, périphéries
de grandes villes, campagnes cultivées, côtes
maritimes, plaines fluviales mais aussi déserts et
montages. " En articulant le plus précisément
possible un sujet, une lumière et des couleurs, par
un travail d'élimination et d'épure, où
ni l'anecdote, ni l'exotisme, le pittoresque ou le pathos
n'ont leur place ", Thibaut Cuisset cherche à
représenter de façon puissante et discrète,
l'essence du paysage. S'appuyant sur des couleurs douces et
retenues, il montre que le territoire n'a rien de figé,
qu'il est le résultat de l'histoire et d'interventions
multiples.
Au musée des Beaux-Arts de Lille, Thibaut Cuisset prolonge
cette réflexion sur l'environnement de l'Homme en présentant
la première partie d'un projet en cours, intitulé
" Nord-Sud ou comment raconter une géographie
en rencontrant l'histoire ". L'artiste entend confronter
quatre territoires, deux où l'homme est absent, deux
où il est omniprésent. Islande (2000) et Namibie
(2004) mettent en avant deux territoires non modelés
par l'homme. L'Islande est une île volcanique, riche
en couleurs, un chaos minéral pelé par le froid,
parmi les plus jeunes paysages géologiques de la planète,
un désert sans cesse en mouvement. A contrario, le
désert du Namib, en Namibie, est un désert immobile,
considéré comme le plus ancien et le plus aride
de la planète. C'est une surface monotone et monochrome
faite de cailloux, de dunes de sable, de broussailles et de
rares espèces endémiques. Après avoir
observé une nature laissée à elle même,
Thibaut Cuisset souhaite à l'avenir s'immerger au cur
d'une ville, là où le moindre détail
est pensé par l'homme. Il devrait ainsi se rendre prochainement
à Berlin et à Beyrouth, deux capitales bouleversées
en leur centre historique par la division et la destruction.
A.M.
Thibaut Cuisset est représenté par la galerie
Les filles du Calvaire à Paris et à Bruxelles.
Jean
Christophe Bailly, " La Loire de Thibaut Cuisset "
(2001), extrait :
" Le paysage, qui nous apparaît dans des pauses,
dans des vues, est un façonnement perpétuel.
Même naturel ou, comme on dit si bien, inviolé,
le paysage résulte toujours d'un immense travail de
fabrication, qui s'étend sur la totalité des
âges et qui vient se déposer devant nous, dans
un ultime mais provisoire état de forme. Or le mystère
du paysage, ce n'est pas cette genèse infinie, c'est
que les contradictions du devenir qui le forment semblent
s'apaiser et comme se reposer dans cette forme ultime, qui
est à la fois ce que l'on voit et la mémoire
de toute la formation. [
]
Pur effet du temps le paysage se dépose et nous dépose
avec lui, un instant, hors du temps. En tant que forme, et
y compris en tant que forme occupée et transformée
par l'homme, le paysage déplie ou dépose le
temps dans l'étendue. [
]
Le paysage, ce n'est rien d'autre que ce temps pris au temps
qui montre l'étendue, c'est ce qui s'en va sous nos
yeux comme horizon, pli du ciel et de la terre que nous longeons
sans fin. "
.
Exposition du 25 mai au 25 juin "Le
dehors absolu"
au Palais des Beaux-Arts - place de la République -
Lille
Ouvert le lundi de 14h à 18h, du mercredi au dimanche
de10h à 18h, le vendredi jusqu'à 19h. Fermé
le mardi
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Officiel des Transphotographiques 2005
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