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Manuel Litran étudie la peinture à l'école
des Beaux-Arts en Algérie, où il est né,
et s'initie à la photographie avec son père.
En 1952, il s'installe à Paris. Il entre d'abord au
laboratoire de Paris Match avant d'être embauché
comme reporter dans cet hebdomadaire, en 1954. Il quitte cet
hebdomadaire quatre ans plus tard pour Jour de France. Il
revient à Paris Match, en 1960 et y reste jusqu'en
2000. Durant ses quarante années de prises de vues,
Manuel Litran a imposé l'usage de la chambre grand
format pour photographier des personnalités du monde
du spectacle et de l'actualité dans leur environnement
familier. Il compte également de très nombreux
reportages commandés par l'hebdomadaire. Au sein de
cette production, un reportage dénote, qui invite au
recueillement.
En 1966, soit cinquante ans après la bataille de Verdun,
qui, avec ses milliers de morts, reste un des désastres
de la Grande Guerre, Manuel Litran part en arpenter ses "
champs d'honneur " pour le compte de Paris Match en compagnie
de François Luizet. Des fils de fer barbelés
délimitent une zone interdite pour cause de danger
de mort. Bravant l'interdiction, le tandem s'aventure sur
des terres abandonnées, où la végétation
peine à repousser. La guerre est partout présente
: trous d'obus, tranchées remplies d'eau de pluie,
bidons, fusils, casques allemands et français, autant
de débris oubliés, et que la terre n'a pas engloutis.
Manuel Litran photographie en couleur ces traces, sans chercher
à identifier précisément des lieux, qui
offrent le même sentiment de désolation et de
mort. De cet itinéraire, le photographe n'a conservé
qu'une ligne tracée sur une carte d'état major
au 1/25 000e. Le trajet, qui suit différents chemins
autour du fort de Douaumont, passe par des villages détruits
en 1916 et jamais reconstruits : Louvement-Côte-du-Poivre,
Beaumont-en-Verdunois, Ornes, Bezonveaux. Les arbres plantés
à la fin des années 1920 ont aujourd'hui fini
par pousser dans cette Zone rouge, autour de vastes clairières,
où les jeux, les pique-niques, la musique restent interdits
et où des panneaux signalent l'emplacement de chacun
des neufs villages " morts pour la France ".
Ce reportage n'a jamais été publié. Les
photographies sont pour la première fois dévoilées
au public dans la nef de l'église Saint-Maurice de
Lille.
A.M.
Exposition du 25 mai au 25 juin "La
Zone rouge, 50 ans après la bataille de Verdun"
à l'Eglise Saint-Maurice - 19 bis Parvis Saint-Maurice
- Lille
Ouvert le lundi de 13h à 18h, du mardi au samedi 10h-12h
et 13h-18h, le dimanche de 15h à 18h30
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Officiel des Transphotographiques 2005
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