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Daniel Quesney est préoccupé par la représentation
du paysage et la dimension esthétique que peut en proposer
la photographie. Depuis 1999, il dirige l'agence Paysage(s),
qui diffuse les travaux d'une quarantaine de photographes.
Il était auparavant directeur artistique de l'Observatoire
photographique du paysage (1993-1998). Ce service du ministère
de l'Environnement mesure, à partir de photographies,
les transformations paysagères. Chaque nouvelle photographie
doit respecter les conditions des prises de vue d'origine
: point de vue, cadrage, saison, lumière et heure.
Le terme reconduction est inventé pour désigner
un procédé, que Daniel Quesney continue à
explorer.
Dans le cadre de l'Observatoire, il s'appuie sur les photographies
réalisées entre 1880 et 1910 par les services
départementaux de restauration des terrains de montagne,
qui avaient pour but d'observer la reforestation. Dans le
livre, Miroirs, reconstitution photographique (2001), il montre
en vis à vis les photographies d'Eugène Atget,
des parc de Versailles, Saint-Cloud et Sceaux prises au début
du Xxe siècle, et celles qu'il a réalisées
depuis les mêmes points de vue. En 2005 et sur le même
principe, il publie, à partir de cartes postales anciennes,
Retour à Paris, les mêmes lieux photographiés
d'un siècle à l'autre.
Les photographies exposées à la maison folie
de Moulins (Lille) marquent une autre étape dans la
réflexion de Daniel Quesney. Elles ont été
réalisées dans le but de dresser un état
des lieux complet d'un site : un village d'Auvergne d'environ
600 habitants, situé à 25kms de Clermont-Ferrand.
" Bien que marqué par la faillite agricole, ce
village n'est pas irrémédiablement dénaturé,
pas plus qu'il n'est muséifié comme beaucoup
de villages de France. La méthode, poursuit Daniel
Quesney, repose sur l'exploitation et l'amplification du principe
de captation d'indices du procédé photographique
qui a pour qualité d'enregistrer toutes choses, sans
hiérarchie, avec une acuité et une précision
supérieure à la vision humaine. Les prises de
vue sont effectuées soit de façon classique,
en choisissant les points de vues, soit de façon automatique,
en opérant un quadrillage systématique. Il en
découle un processus de révélation par
l'image, qui rend visible des états, des mécanismes
de transformations, qui ne l'étaient pas jusqu'alors.
"
A.M.
Exposition du 25 mai au 25 juin "Neschers
: méthodologie pour un état des lieux photographiques"
à la Maison Folie de Moulins - 47/49, rue d'Arras (Métro
Porte de Douai) - Lille
Ouvert du mercredi au dimanche de 15h à 20h.
Tél. 03 20 95 08 82
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Officiel des Transphotographiques 2005
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