
Le titre est frontal,
dénotatif, sans affect…
comme les photographies. Ce qui
fait le quotidien des masses humaines
est ici sévèrement
arrêté pour mieux être
appréhendé dans sa
brutalité esthétique
et anthropologique : l’architecture
et les rayons, les écrans
de la télé-réalité
et les clients. Un monde hard, diront
les uns, fonctionnel, les autres.
Voilà notre hypermodernité
marchande tout en couleurs : un
agencement de boîtes et d’écrans,
une avalanche de marchandises et
d’images. Des fonctions primaires
à satisfaire ? S’alimenter
et se divertir, envisager un éventuel
quart d’heure de gloire. Saint
Andy, priez pour nous ! Au cinéma,
on plante le décor, les acteurs
jouent et l’on tourne. Discount
Ecran boîte a planté
les téléspectateurs
et ensuite le décor (les
magasins discount) et les accessoires
(les marchandises et les images
tant la télévision
populaire est un autre aspect de
la « hard distribution »)
. L’organisation en triptyque
faite à partir des prélèvements
photographiques produit une mise
à plat analytique des flux.
La vie est belle, même si
elle ne fait pas rêver !
La photographie est un enfermement,
on le sait ! L’étude
politico-philosophique de cette
logique néolibérale
est faite. Nous savons désormais
à quoi nous en tenir concernant
ce fonctionnalisme total ! Ce monde-là
est parodique - la photographie
n’étant rien d’autre
ici qu’un instrument impitoyable
de vérification formelle.
Quant à la morale de cette
histoire, il faut la laisser en
suspens ! De toute façon,
le photographe prend date. On verra
plus tard si ce monde était
bien celui du bonheur. A moins que
nous en doutions déjà
! Mais le drame n’est pas
que les supermarchés existent
comme tels, mais qu’il faille
aussi dans la même rationalité
fabriquer les clients pour les boîtes
- ce à quoi s’emploient
les écrans. Mais de quoi
devrions-nous plaindre puisque le
trash est bien clean en définitive
? Cette photographie typologique
documentaire de proximité
ne saurait nous révéler
une quelconque étrangeté
sympathique de l’ici et du
maintenant : pourquoi faudrait-il
qu’elle insiste là-dessus,
la platitude de ce monde rationnellement
conçu et programmé
? A cela il n’y a pas de réponse
immédiate et rapide. Pour
être aussi sobre que les images,
on dira : c’est de l’anthropologie
photographique.
Texte Didier VIVIEN
http://frederic-cornu.com
Exposition du 11 au 30 mai "Discount
Ecran Boîte"
Vernissage le dimanche 11 mai à
11h30
Exposition à la Plus Petite
Galerie du Monde (ou presque) -
69, rue des Arts - Roubaix
www.lapluspetitegalerie.com
Ouvert le samedi de 15h à
19h et en semaine sur rendez-vous
au 03 20 24 35 31
Exposition produite avec le concours
de la Galerie Le Carré d'Art