
Crédit photo : © Victor
Manuel Fernandez
Le concept de
la « non identité »
incarné par le lieu –
ou le non lieu-.
Les individus prennent l’identité
des lieux qu’ils habitent
ou font en sorte que ces lieux reflètent
leur identité. Cette tendance
s’est modifiée au cours
de l’ère contemporaine
pendant laquelle l’industrialisation
puis la post-industrialisation,
les grands mouvements migratoires
du XXe siècle, l’évolution
des moyens de transport et de communication,
et d’autres facteurs relatifs,
ont sensiblement modifié
notre perception du monde.
L’une des conséquences
de ces changements est le phénomène
de « désidentité
» ou de non identité
de lieux et de personnes dans le
monde occidental.
Les villes conservent leurs centres
historiques mais s’orientent
vers un modèle dont le centre
constitue un lieu inhabité
hébergeant hôtels,
monuments, centres commerciaux et
bureaux. Mais qu’en est-il
des habitants de ces villes ? Les
citadins, poussés par cette
tendance, migrent vers les périphéries
urbaines où abondent les
zones résidentielles pourvues
de toutes les nécessités
en matière de travail, de
santé, d’éducation,
de loisirs, etc. Avant de se convertir
en annexes de méga métropoles,
les territoires dont nous parlons
étaient des champs consacrés
à la culture et à
l’élevage ou encore
des petits villages dont la place
dans l’histoire reste discrète
et dont les habitants actuels suivent
un schéma de conduite similaire.
Il en résulte des villes
d’usage, dont les critères
pragmatiques gouvernent l’esthétique,
l’historique et l’identité.
D’un point de vue technique,
j’aborde la photographie selon
une approche sobre dans laquelle
la frontalité des images,
des plans fermés, la géométrie
de la composition et, surtout, le
traitement de la lumière,
font office de fil conducteur. Je
prends également en compte
l’absence physique en opposition
à la présence suggérée
d’activité humaine.
Mes sujets sont des lieux du quotidien
: rues, stations service, bureaux,
parkings… Il s’en dégage
une atmosphère oppressante
et inconfortable, teintée
d’une aura mystérieuse.
Mon intention est de disséquer
l’espace, dans une tentative
d’observation neutre du lieu,
lorsqu’il est déserté,
en cherchant à confronter
le spectateur à une scène
de sa propre réalité
vue selon une autre perspective
et à des heures peu fréquentées.
Victor M. Fernandez
Lauréat 2007 du concours
"Bourse à la Création"
Partenaire :
Magazine Réponses-Photo
Exposition
du 26 mai au 28 juin "Vide"
Vernissage
le mardi 27 mai à 18h30
Exposition
à la Maison de l'Architecture
et de la Ville - Place François
Mitterrand - Euralille
Tél. 03 20 14 61 15
Exposition visible du lundi
au vendredi de 10h à 12h30
et de 14h à 17h et le samedi
de 11h à 18h