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" At the Border "




Andrej in Belarus © Filip SINGER © SPUTNIK

Il y a quelques années, lorsque les polonais commencèrent à quitter leur pays en masse à la recherche de meilleures débouchées professionnelles en Europe de l’Ouest, ils ne reçurent pas un accueil enthousiaste. Les résidents des pays hôtes craignaient que la main d’œuvre polonaise bon marché n’inonde leurs marchés. Les plombiers polonais, les nurses ou encore les ouvriers du bâtiment étaient considérés avec suspicion. Depuis, les motifs économiques ont prévalu et un grand nombre de polonais sont partis. Leur travail est maintenant légalisé dans certains pays d’Europe, mais pas dans les autres. Dans ces derniers, ils continuent à travailler illégalement.

De nombreux ressortissants des anciennes Républiques Soviétiques, du Vietnam, ou des pays d’Afrique sont dans la situation dans laquelle se trouvaient les polonais autrefois.    La situation économique, la pénurie de travail et l’absence de moyens de subsistance les contraignent à quitter leur pays d’origine afin de trouver de meilleures débouchées dans la « Nouvelle Europe ».  De nombreuses familles en Arménie, Géorgie, Ukraine, Biélorussie et Vietnam survivent grâce à l’argent envoyé par un membre de leur famille travaillant à l’étranger. Travailler dans l’illégalité signifie être seul. En travaillant en Pologne, en République Tchèque, en Slovaquie ou en Slovénie, un travailleur immigré n’a ni droits ni soutien du gouvernement.

S’expatrier dans un nouveau pays a toujours été difficile mais la vie des immigrés clandestins est cent fois plus dure.  Souvent rejetés et exclus par la société dans laquelle ils vivent, ils foulent un sol inconnu, se débattent avec des langues incompréhensibles et vivent à la limite de la légalité.  Les emplois trouvés sont en majeure partie des travaux physiques, ceux que personne d’autre n’accepte d’accomplir.  Leurs employeurs recherchent leurs services, profitant de cette main d’œuvre bon marché.

Les travailleurs immigrés vivent loin de leurs compagnes et de leurs enfants, dont ils sont souvent séparés durant plusieurs années.  Un voyage vers leur foyer est de loin beaucoup trop cher pour être envisagé et le risque de ne pouvoir retourner dans le pays dans lequel ils travaillent est trop élevé.  La peur constante d’être expulsé est leur cauchemar. Ils peuvent être arrêté par la police et renvoyé hors du pays ……. Ceux qui commerçaient illégalement dans les bazars ont été implacablement poursuivis par la police et ont payé des amendes parfaitement légales. Leurs produits de contrebande ont fréquemment été confisqués par les agents des douanes. « Mais », comme le dit l’une des héroïnes de notre histoire, « que pouvons-nous faire ? Vous êtes chez vous et nous ne le sommes pas ».  Les cas où une personne décide de rester alors que toute sa famille est expulsée ne sont pas rares.

La plupart des immigrés vivent au jour le jour sans faire de plans pour l’avenir car, dans leur monde, le futur n’existe pas. Ils ont cessé depuis longtemps de rêver à leur retour chez eux car ils ne savent pas si un tel retour sera jamais possible. Ils ont vécu dans les limbes pendant trois, cinq, voire dix ans. Parfois, certains d’entre eux construisent une nouvelle vie dans le pays dans lequel ils résident – créant une communauté avec leurs compatriotes, trouvant parfois un nouveau partenaire, apprenant la langue et se faisant de nouveaux amis. C’est dur, mais rentrer chez soi après une longue absence,  souvent dans un monde très différent de celui qu’ils ont laissé derrière eux, n’aurait pas été plus facile.

At the border est un essai photographique décrivant le marché du travail clandestin dans les nouveaux états membres de l’Union Européenne. Le projet est une création de l’Association Internationale des Photojournalistes d’Europe Centrale et Orientale, Sputnik-Photos, avec le soutien de la Fondation Européenne de la Culture.
  
La mission de Sputnik Photos est de  décrire les problèmes importants auxquels les pays d’Europe Centrale, la région est de l’union Européenne élargie, sont confrontés. Dans cet essai, huit photographes de Sputnik ont représenté la vie et les problèmes des travailleurs clandestins en Pologne, en République Soviétique, en Slovaquie et en Slovénie en se basant sur les histoires personnelles de 8 personnes.


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SPUTNIK Photos :

Agnieszka Rayss (Pologne) , photographe indépendante
Justyna Mielnikiewicz (Géorgie) photographe indépendante, travaille pour World Picture News, Eve Photographers, Eurasianet, collabore régulièrement avec The New York Times, Przekroj, Gazeta Wyborcza / www.justmiel.com
Jan Brykczynski (Pologne), photographe indépendant, travaille pour National Geographic (Pologne)
Andrej Balco (Slovaquie), photographe indépendant, travaille pour Young Photographers United / www.andrejbalco.com
Manca Juvan ( Slovénie), photographe indépendant, collabore avec The New York Times, The Sunday Times, European Voice www.mancajuvan.com
Filip Singer (République Tchèque) - Spectrum agency, ISIFA Agency, EPA Agency / www.filipsinger.cz
Domen Pal (Slovénie) , photographe indépendant / www.mementoimage.com
Rafal Milach (Pologne), photographe indépendant, il travaille pour Anzenberger Agency, Przekroj, Newsweek Polska, Polityki; il collabore avec Courrier International, PHOTO, D di Repubblica, DNA magazine, DF Gazeta Wyborcza / www.rafalmilach.com



Exposition du 14 mai au 12 juillet "At the Border"

Vernissage le jeudi 14 mai à 19h
Exposition au Palais Rameau - 39, boulevard Vauban - Lille

Ouvert
du mercredi au dimanche de 10h à 19h.

     

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