Exposition collective
" 10 ans, 10 photographes, les héritiers d'un contexte favorable "



© Gilles Decavel


PHOTOGRAPHES : Olivier DESPICHT, Philip BERNARD, Franck BERNHARD, Gilles DECAVEL, Philippe BAZIN, Rémi GUÉRIN, Hervé ROBILLARD,
Gérald GARBEZ, Antoine PETIPREZ, Jean-Philippe MATTERNE, Hervé VAN DE MEULEBROEKE.


Dans la région Nord-Pas-de-Calais, la photographie n’est ni le fruit d’une génération spontanée ni une causalité hasardeuse. Elle est, dés le début, une résultante de multiples conjonctures et interrogations, elle est  le produit génétique de concordances, de rencontres, de curiosités mais également d’opportunités géographiques.

Peu de temps après l’annonce, par Arago, de la naissance du daguerréotype – Août 1839 -, ce procédé est déjà livré à la curiosité des lillois, point de naissance de sociétés regroupant des « amateurs » éclairés qui vont, très vite, du moins pour certains, opter pour une voie commerciale de ce nouveau médium. La proximité, tant de Paris que de Bruxelles, va créer une émulation créatrice – ne parlons pas encore de recherches artistiques – et ce dès le milieu du XIXème siècle. Il n’est pas anodin que la première société du Nord – une des toutes premières de France - voit le jour à Boulogne-sur-Mer, lieu d’ouverture, de transit et d’importation direct depuis les îles britanniques – pays réel de naissance de la photographie telle que nous la connaissons encore aujourd’hui -. Il n’est pas anodin, non plus, que ce soit précisément un lillois – Blanquart-Evrad – qui optimise, perfectionne et  divulgue le procédé de Fox Talbot.

Avec fortune, et malgré les aléas historiques belliqueux que connut la région durant les deux conflits mondiaux du XXème siècle, le Nord a su conserver une constante productive et artistique, qui, de l’épiphénomène du début s’ancrera dans une constante de création, sachant ainsi, de génération en génération, poser durablement les bases d’une « école » régionale. La proximité du courant pictorialiste belge a, sans nul doute, été déterminant pour la vision esthétisante des photographes régionaux ; il n’est qu’à regarder le travail d’un Pierre Dubreuil (1872 – 1944), lillois d’origine, que l’on peut aisément, de par la thématique et la technique, mettre en relation avec ceux de Philip Bernard ou de Rémy Guerrin.

Si on ne peut parler de ligne esthétique récurrente, chaque photographe suit sa propre voie, poursuit ses démarches et projets, on peut cependant en dégager deux traits communs : une vision plasticienne maîtrisée – savamment apprise dans les écoles des beaux-arts qui maillent notre eurorégion (Valenciennes, Tourcoing, Dunkerque, Tournai…)-  et un regard posé sur le territoire en tant que géographie, certes, mais également vivant, social, sociétal et habité.

Notre choix propose d’explorer tout ces aspects sans omettre certaines thématiques comme la nature-morte, notre propos est de mettre en évidence un territoire d’image – dans son acceptation artistique - tout à la fois réel et irréel. Notre choix se porte, bien évidemment, sur des photographes dont le quotidien est la relation privilégiée avec la région (naissance, vie, travail, regard).


Commissaire de l'exposition :
Jean-Marie Dautel, Attaché de Conservation au Palais des Beaux-Arts de Lille

 
 


Exposition du 26 mai au 26 juin 2011
" 10 ans, 10 photographes, les héritiers d'un contexte favorable "

Vernissage le samedi 28 mai à 17h
Exposition au Tri Postal - Avenue Willy Brandt - Lille
Tél. 03 20 14 47 60

Ouvert du mercredi au dimanche de 10h à 19h

 
 

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