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ÉDITOS

Olivier Spillebout

Ou l’envie de montrer la photographie sur un territoire qui en 2001, se destinait à devenir trois ans plus tard Capitale européenne de la culture. De cette envie sont nées à Lille, et sur l’ensemble de son territoire transfrontalier, les Transphotographiques. Elles allient passion pour l’image et pour ceux qui la font et souhait très fort d’ouvrir un nouvel espace d’expression au Nord de là où traditionnellement se vivait la photographie. C’est ainsi qu’a été initié le premier festival, en mai 2001...

La Maison de la Photographie et festival sont de nouveaux espaces physiques, permanents, mais aussi temporaires, au travers de l’ensemble de ces lieux, de ces villes, de ces éditions qui ont accueilli les Trans. Des premières éditions jusqu’à aujourd’hui, l’ambition et l’enthousiasme, souvent remis en cause, sont restés intacts, alors que la culture en général et la photographie en particulier sont de plus en plus menacées. Nous nous efforçons de relever chaque jour les nouveaux défis et de trouver de nouvelles voies, de nouvelles forces, pour que cet art puisse continuer à se sublimer, au sein de l’espace que nous avons réussi à lui dédier.

Après deux ans d’absence, qui ont permis de conforter la place de la Maison de la Photographie dans le paysage national des lieux dédiés à l’image, c’est le retour des Transphotographiques dans la ville de Lille qui les a vues naître. En effet, en 2014, alors que nous aborderons la notion de « collectif », quelle fierté pour chacun d’entre nous d’accueillir une des plus passionnantes aventures photographiques collectives de ces peut-être trente dernières années, celle de « France(s) territoire liquide ». Quarante-trois photographes s’automissionnant, trente ans après la Mission DATAR, pour redécouvrir et illustrer la France et ses paysages, quarante-trois projets photographiques, sous la direction artistique rigoureuse et impitoyable de Paul Wombell, commissaire anglais intervenant dans les plus prestigieux festivals internationaux et qui à lui seul peut légitimer le côté « trans » de la photographie, et donc des Transphotographiques.

Quelle fierté tout d’abord que ce projet de « FTL » et celui des Trans aient pu se croiser dès 2011 pour aboutir en 2014 à une première présentation nationale, au Tripostal. Fierté également de la confiance que les quatre fondateurs de la mission FTL ont bien voulu m’accorder. Fierté aussi d’associer à ce projet phare de très belles expositions collectives comme celles de ParisBerlin>fotogroup, la Bourse du Talent, Photo Diploma Award et d’autres… Fierté enfin, de réussir à réunir autour de notre projet des partenaires, parfois fidèles, parfois nouveaux, qui expriment leurs valeurs, leur énergie, leur amour de l’art, à travers un soutien sans lequel nous ne pourrions exister.

Comme un formidable aveu, comme un étonnant clin d’oeil, Willy Ronis, parrain de la première édition du festival, nous criait : « C’est bien parce que la photographie peut se révéler, dans certaines de ses manifestations, comme un art à part entière qu’il faut avoir le courage de le crier très fort. »

Fidèle à son souvenir, nous continuons de le crier très fort !

Olivier Spillebout
Fondateur des Transphotographiques
Directeur de la Maison de la Photographie



 

Paul Wombell

Les paysages ne sont jamais statiques; ils changent constamment en fonction du climat et des interventions de l’homme. Une intervention significative a été la délimitation des terres en territoires bien définis appelés nations. A partir de ces territoires, les caractéristiques humaines sont déterminées et façonnées en identités nationales.

Fin 2010, un groupe de photographes résidant dans l’un de ces territoires nationaux appelé la France décide d’entreprendre un nouveau projet photographique. Il a pour ambition de chercher à savoir comment la photographie pourrait définir les caractéristiques principales de l’identité et du territoire français au début du 21ième siècle.

Au cours de ces 3 dernières années plus de 50 personnes ont participé activement à ce projet photographique en travaillant en toute liberté afin de créer une nouvelle vision du territoire français. Il en ressort une exposition au sein de laquelle 43 photographes exposeront leurs travaux pour la première fois au Tri Postal de Lille.

En utilisant différentes approches, les photographes traitent un plus large éventail de sujets comme la mondialisation, l’anthropocène, la mémoire, les changements technologiques, la subjectivité, l’idée de nation et la migration. Cependant, si un thème couvre tout les projets, c’est que toutes les frontières sont temporelles et liquides et changent en fonction de la politique et de la technologie.

Certains de ces photographes se sont employés à rendre visible ce qui ne peut être vu, des frontières oubliées ou disparues. Plusieurs d’entre eux ont questionné les frontières culturelles et artistiques établies entre le passé et le présent ainsi qu’entre la réalité et la fiction. Nombre d’entre eux ont travaillé à un seul endroit alors que d’autres ont voyagé à travers la France dans le cadre de leur démarche artistique.

Ce projet photographique n’est pas une topographie systématique. Il n’en a jamais été question. Ce n’est pas non plus une topographie impressionniste. Il s’agit d’un exposé visuel provisoire sur l’état des territoires français et aussi d’une libre enquête sur la nature de la nation européenne et celle du procédé photographique. Il s’agit peut-être ici du plus important projet photographique entrepris en Europe au cours des 30 dernières années.

Ce projet soulève la question suivante : comment une nation se définit-elle lors d’une période de changement technologique rapide au cours de laquelle les frontières sont définies par les ondes electromagnétiques plutôt que les murs et une période au cours de laquelle les décisions voyagent de parlements en salles de conseil d’aministration ? Dans chacun de leurs travaux, les photographes se posent la question suivante : comment rendre visible aujourd’hui une nation appelée la France ?

Paul Wombell
Curateur et directeur artistique de l’exposition France(s) Territoire Liquide
Directeur de la Photographers’s Gallery pendant 12 ans à Londres
Commissaire d’Exposition dans de nombreux Festival photo



 

David Barbage

Un deux trois soleil... celui qui brille pour tout le monde, et en particulier celui qui éclaire l’objectif des Transphotographiques 2014 : Collectif(s).

Un deux trois soleil... de celui qui éclaire les paysages de «France(s) territoire liquide» avec le soutien de la Datar au projet de sculpture sociale de Carted en passant par ParisBerlin>fotogroup, Poznan Photo Diplom Award, les Cinématons de Gérard Courant, la Bourse du Talent.

Au TriPostal et ailleurs, les Transphotographiques 2014 présentent au plus large public ce qui fait Collectif(s) dans l’ensemble de ces projets aussi variés que convergents.

A la manière du « Un deux trois soleil... » ce qui fait ensemble et qui laisse chacun en lumière, responsable et libre de ses faits et gestes. L’exposition principale de cette édition 2014 des Transphotographiques, sera l’exposition France(s) Territoire liquide, Une nouvelle mission photographique sur le territoire français. France(s), territoire liquide est un projet collectif indépendant réunissant une quarantaine de photographes qui poursuivent ensemble, depuis 3 ans, une recherche photographique sur le paysage, dans la lignée de la célèbre mission de la DATAR des années 80. Ce laboratoire, réuni autour de son directeur artistique Paul Wombell, propose une expérience différente de la notion de territoire et explore de nouvelles voies de représentation du paysage.


David Barbage
Directeur Artistique des Transphotographiques
 
 
 

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