JEAN-MICHEL
PANCIN (Paris), lauréat 2003
Voir la galerie reportage réalisée
lors de sa venue à Lille en février 2004.
La nature dans la ville était le thème
de cette troisième édition de la Bourse à
la Création. Jean-Michel Pancin s'est attaché
en dix photos couleur à montrer une nature isolée,
fragmentée, vue au travers du cadre dans le cadre.
Il a pisté des traces, des restes de natures dans
la ville. Un bout de ciel, un arbre décharné,
un poster délavé représentant la nature
exotique des tropiques au milieu du béton
Une
vision pas spécialement gaie mais réaliste
et surtout subtile : "mes photographies tentent de
faire état du désir d'un environnement plus
accueillant ". Autant dire une critique de certains
urbanismes sauvages qui peuvent défigurer des quartiers
entiers. Ses tirages forment un ensemble très homogène
et le traitement de la couleur a touché le jury.
Jean-Michel Pancin a réalisé ses photos en
Nikon F4, équipé d'un zoom 28-70 mm et d'un
flash SB 24, appareil chargé de film ektachrome E200.Son
parcours est assez commun à tous les photographes
amateurs désireux de devenir professionnels : quelques
reportages pour la presse quotidienne régionale (Le
Provence) puis une école pour consolider ses acquis,
l'Ecole Nationale des Arts Décoratifs (ENSAD) à
Paris. A la sortie de l'école, Jean-Michel court
les rédactions des magazines et tente de décrocher
des reportages.Il parvient à avoir quelques publications
: un sujet sur les interventions des clowns dans les hôpitaux
paru dans Le Figaro Madame, et un autre sujet sur les transsexuels
à Téhéran paru dans le magazine Tétu.
Nul doute qu'avec sa sensibilité et sa maîtrise
technique, jean-Michel portera un regard intéressant
sur la ville de Lille. Rendez-vous en mai pour l'exposition
des photos qu'il aura réalisées entre octobre
et mars et qui seront accrochées lors de la prochaine
édition des Transphotographiques.
LES AUTRES FINALISTES :
LORENZO
BRIONDETTA (Montreuil) :
Parmi
la centaine de dossiers reçus, la moitié
était en n&b. Et parmi ceux-là, celui
de Lorrenzo reste sans doute l'un des plus personnels.
En quelques images, il a développé une écriture
qui lui est propre. Voilà des années qu'il
accumule des photos sur le thème de la nature dans
la ville, ça tombait bien ! Des images prises un
peu partout qu'il tire lui-même dans son petit labo.
Un talent à suivre
STEPHANE
CROIZEAN (Le Mans) :
"Dans
l'univers de la ville, la matière minérale
inerte se confronte à la présence surprenante
des êtres végétaux
" Le
regard de Stéphane est impressionnant de maîtrise.
Les images réalisées au moyen-format ont
ensuite été scannées, désaturées
sur Photoshop et tirées sur minilab Frontier .
L'ensemble se tient très bien et montre une vision
personnelle et aboutie de la nature dans la ville.
FABRICE MAIGNIEZ (Toulouse) :
Des
reflets, des détails d'une nature qui existe malgré
tout dans un milieu inhospitalier, c'est à cet
univers poétique que nous convie Fabrice décrivant
tantôt une mare dans un jardin public, de la mousse
sur la pierre, un lierre qui se fraye un chemin sur les
murs de béton
Beaucoup de vert et de gris
dans son dossier constitué d'une dizaine d'images
et un recadrage en carré de ses photos 24x36, réalisé
sur l'ordinateur pour donner de la cohérence au
dossier. En avait-il besoin ? Pas vraiment, on sent bien
l'âme du photographe derrière chaque photo.
Cela dit le format carré n'enlève rien à
la beauté de l'ensemble.
ANTONIO ROCHE MOLINA (Portugal)
:
"La
ville a besoin de l'espace que la végétation
occupe et l'on réduit celle-ci a une fonction presque
entièrement décorative. Mais le temps des
végétaux a un tout autre rythme, ils semblent
tranquilles, se moquant de l'envahissement urbain."
En effet, qui n'a pas remarqué que la nature reprend
toujours le dessus ? Surgissant du moindre petit espace
Au
ras du sol ou en contre-plongée, Antonio étaye
son propos avec une dizaine de photos qui sont autant
de preuves accablantes. Un bel ensemble en noir et blanc
très bien présenté. Continuez !