Bogdan Konopka
Polonais,
né en 1953, et ayant commencé par photographier sa ville
d'origine, Wroclaw, alors détruite en grande partie, Bogdan Konopka
semble projeter sur Paris, où il s'installe en 1989, ces souvenirs
d'une autre réalité, qui proposent des morceaux urbains
sans autre beauté que leur singularité, là où
l'on attendrait tout autre chose. Ses rues où la lumière
s'introduit par effraction, ses boyaux étroits et portes cochères,
ses ruines oubliées composent une cité fantômatique,
pourtant réelle, qui n'est rien d'autre qu'un envers du décor.
La démarche, la technique de Bogdan Konopka sont en parfaite cohérence. Il travaille avec un appareil à chambre, sur trépied, de préférence à la tombée du soir, pour des poses uniques qui font ensuite l'objet d'un tirage par contact, direct, sans "manipulation". Un choix qui le situe dans la filiation d'Atget (auquel le Mois de la Photo a rendu hommage), pour répondre à une exigence : la recherche évidente d'une pureté du geste photographique, en excluant tout intermédiaire, et en se soumettant à des difficultés qui le conduisent plus sûrement à son but. Economie de l'image, refus de cet "art au mètre carré plein de couleur et vide de sens" qu'il dénonce avec un sourire, toute la personnalité de Konopka est dans ces caractéristiques qui feraient aisément de lui un rebelle, à tout le moins un résistant. Pour Paris, Bogdan Konopka a réalisé dans les années 94-96 près de 140 photos dont une sélection seulement a été présentée à l'Institut polonais de Paris. Entretemps, il a voyagé pendant deux ans en Europe de l'est où il a traqué, fidèle à ses choix esthétiques, "les traces du communisme à l'état pur". Il était d'ailleurs le premier photographe à proposer au travers de ce portfolio une vision transversale de cette Europe en devenir, généralement photographiée par pièces, dans un cadre national. à Loisinord - rue Léon Blum - Noeux les Mines |