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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Autrement Dit : Transphotographiques 2002

Autrement Dit : Transphotographiques 2002

Le petit évènement régional consacré à l’art photographique lancé l’année dernière par Olivier Spillebout a pris de l’ampleur pour, cette année, s’ouvrir à davantage d’artistes dans davantage de lieux de l’eurorégion.

Olivier Spillebout souhaitait l’année dernière faire des Transphotographiques de Lille un évènement marquant et durable. Il peut aujour­d’hui être heureux, le jeune festival lillois de la pho­tographie internationale est bien lancé pour deve­nir un rendez-vous important de cet art récent et dynamique. L’évènement de l’an dernier avait, en effet, attiré un total de près de 10 000 visiteurs et reçu un bon écho tant auprès des professionnels que des simples curieux. Fort cette année du soutien de la Mairie de Lille, le petit évènement a pris de l’en­vergure en s’allongeant dans le temps et dans l’es­pace : un mois et demi d’évènements et pas moins de 22 villes partenaires depuis la Côte d’Opale jus­qu’en Belgique, de quoi offrir une nouvelle ampli­tude à cette manifestation eurorégionale basée à Lille.

Les femmes d’abord

L’un des côtés les plus séduisants des Transpho­tographiques de l’année dernière consistait en son absence de thèmes directeurs. Une originalité qui laissait ainsi la porte ouverte à toutes les expres­sions dans leurs diversités et leur richesse. Cette année, l’optique reste bien évidemment la même à ceci près que l’édition 2002 se veut tournée vers les femmes. Un fil directeur plutôt qu’un thème strict et fermés précise malgré tout Olivier Spille­bout qui entend faire profiter encore longtemps le festival de cette liberté. Willy Rouis avait parrainé l’évènement de 2001, 2002 étant pour les Trans­photographiques l’année des femmes, la région pourra s’enorgueillir de la présence d’artistcs aussi célèbres que Sabine Weiss, Sarah Moon et Jane Evelyn Atwood. Preuve de la recon­naissance de cette manifestation. Sarah Moon présen­tera une exposition inédite intitulée Coïncidences au Palais des Beaux-Arts de Lille. Sabi­ne Weiss investira pour sa part l’église Saint Maurice de Lille avec Les hommes et leurs croyances quant à Jane Evelyn Atwood, son travail « Femmes en prison » sera présenté dans la salle des malades à l’Hospice Comtesse.

Beaucoup de fenêtres pour une ouverture internationale

Gràce à l’accentuation du partenariat avec la ville de Lille, les Trans­photographiques s’élar­gissent en s’ouvrant sur le monde grâce au département Relations Internationales de la ville. Six villes avec les­quelles la métropole entretient des relations privilégiées sont ainsi partenaires de l’évène­ment de cette année. Chacune de ces métro­poles (Prague, Alger, Gènes, Berlin, Courtrai et Cracovie) a sélection­né une artiste parmi sa population; six femmes dont le travail sera exposé à l’Hôtel de Ville pré­figuration peut être de futurs partenariats cultu­rels avec ces différentes cités du monde. De Nesles à Courtrai. les nombreuses expositions affiliées à cette manifestation offrent ainsi un large pano­rama do la création photographique contempo­raine féminine. Leticia Valverdes à Valenciennes avec Les vies invisibles Les filles des rues brésiliennes.

Engagement et créativité

« L’art photographique consiste souvent à porter un regard curieux sur le monde qui nous entoure » résumait Olivier Spillebout en présentant cette deuxième édition. Un leitmotiv qui résume parfaitement l’état d’esprit qui prévaut dans ce festival. En s’ouvrant aux femmes, les Transphotographiques de cette année poursuivent un objectif double : montrer que parmi les disciplines artistiques, la photogra­phie reste comparativement plus ouverte aux femmes que les autres arts mais aussi que les photographes exposées ont toutes. à travers le regard per­tinent qu’elles portent sur le monde qui les entoure, un mes­sage ou un témoignage à trans­mettre. Jane Evelyn Atwood s’in­téresse par exemple aux Femmes en prison. Un travail qui fait res­sortir la tension et l’ambiance particulière à cet univers clos comme en témoigne l’affiche du festival, tirée de cette exposi­tion.

Autre exposition marquante : le travail de Katharina Mouratidi autour de femmes atteintes de cancer du sein : 22 femmes volontaires ayant subi une mastectomie ont été photographiées
à demi nues. Une façon de continuer à exister et de revendiquer une féminité toujours présente mais aussi une révolte face à l’hypocrisie du regard compatissant ou condescendant souvent porté sur elles. Parmi ces expositions reven­dicatives ou porteuses de sens, les femmes photographes ne man­quent malgré tout pas de faire preuve de beau­coup d’invention à l’ins­tar des gommes bichro­matées des Anges et apparitions de Nancy Wilson Pagic ou des éclairages de Daisy Guyomar dans Te Deum.

Des initiatives multiples destinées à prolonger le débat

Au-delà de la cinquantaine d’expositions du festival de cette année, les Transphotographiques acquièrent également une nouvelle ampleur avec l’organisation d’un salon du livre photographique ainsi que de nombreuses projections et rencontres autour de la photographie et des artistes exposées cette année. Riches d’une nouvelle diversité et d’une large ouverture, les Transphotographiques entendent affirmer leur attachement à la ville de Lille tout en s’ouvrant sur la région et en multipliant les évènements en préfiguration du grand moment que sera Lille 2004. Capitale Culturelle Européenne. Pour l’avenir, Olivier Spillebout prévoit la nomination d’une direction artistique qui devrait m’apporter un crédit supplémentaire à l’évènement’ et lui offrir une ouverture plus large sur le monde. En tout cas, n’hésitez pas à pousser les portes des salles d’exposition : toutes les manifestations sont gratuites.

Guillaume B.

 

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