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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Voix du Nord : Le regard des femmes photographes

Le regard des femmes photographes 

 

Fort du succès remporté l’an dernier, les Transphotographiques reviennent, mais cette fois avec un thème les femmes photographes. 

En matière de photographie comme en tout autre domaine artistique, y a-t-il une manière proprement féminine ? Faut-il, comme Apollinaire le faisait au début du XXe siècle dans ses chroniques d’art, distinguer les « peintres » des « peintresses », ces dernières apportant « le goût, l’instinct et comme une vision neuve et pleine d’allégresse de l’univers » ? En réalité, si l’on parle photographie, le débat ne s’impose pas, cet art étant suffisamment nouveau pour que les femmes s’y soient largement illustrées, au moins autant que les hommes. Ce que certains photographes hommes semblent nier parfois.

 Sabine Weiss, marraine du festival 

Les femmes photographes : c’est en tout cas le fil conducteur de la deuxième édition des Transphotographiques qui débutent le mercredi 15 mai prochain pour se dérouler jusqu’au 30 juin, à Lille et sa métropole, mais aussi dans seize autres villes de la région (parmi lesquelles Calais, Dunkerque, Bailleul, Armentières, Lens, Béthune, Valenciennes, Cambrai, Douchy-les-Mines) et de Belgique (Courtrai, Mouscron, Tournai). Créé l’an dernier par Olivier Spillebout, un passionné, le premier festival avait connu un réel succès public en même temps qu’il avait suscité un grand intérêt de la part des media, spécialisés ou non. S’il ne possédait pas de thème (ce qui avait été regretté par certains et encouragé par d’autres !), il avait cependant bénéficié du parrainage d’un artiste prestigieux, en l’occurrence Willy Ronis. Cette année, les Transphotographiques possèdent un thème, et ont demandé à la grande photo-graphe Sabine Weiss d’être la marraine . Cette invitée d’honneur sera donc à Lille, 

tout comme Sarah Moon, dont l’exposition « Coïncidences », en provenance de Milan, sera vue pour la première fois en France, ou encore Marie-Paule Nègre, qui exposera ses grands formats au Gymnase. On notera également une première collaboration avec le centre régional de la photographie de Douchy-les-Mines, une exposition collective au musée Comtesse confiée à Gabriel Bauret, l’invitation d’un grand nombre d’artistes étrangères réunies à l’espace Matisse ainsi que l’accueil, en mairie de Lille, de photographes venues de capitales ou de grandes villes européennes : Prague, avec Hanna Jakrlova ; Alger, avec Louiza Ammi ; Gênes, avec Gianna Bonacini ; Berlin, avec Eva Et Adèle ; Courtrai, avec Nike Bourgeois et Nathalie Demeulémeester ; Cracovie, avec A. Pankiewicz, A. Andrzejewska, S. Kowalczyck. A signaler également les deux photographes du début du XXe siècle Ergy Landau et Nora Dumas, que l’on découvrira au palais Rihour. On ne peut en tout cas qu’être surpris par l’abondance et la qualité du programme qui fait un peu de Lille le pendant nordiste d’Arles et de ses célèbres rencontres internationales. 

« Provisoirement définitif » 

Mais la photo est une ouverture sur le monde et le festival autorisera de nombreux débats sur des sujets de société, sujets d’histoire ou d’actualité, rencontres et échanges, témoignages, questions comme le droit à l’image et l’identité de la personne humaine. Autant de thèmes qui pourraient se résumer sous le titre de l’exposition que présente Marie-Hélène le Ny à Sallaumines : « Provisoirement définitif ». 

Gérard GOUTIERRE pour La Voix du Nord du 8 mai 2002 –  

 

 

Cette photo de Jane Evelyn Atwood, prise à la maison d’arrêt de femmes de Dijon (1991) sert d’affiche au festival.

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Les Transphotographiques est un festival photographique créé en 2001 et organisé par la Maison de la Photographie de Lille. Les expositions sont présentées dans toute la métropole lilloise.