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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Marcos Lopez : Pop Latino

Marcos Lopez : Pop Latino

 

« Peu importe ce que « Pop Latino » signifie : une chose est sûre cependant, c’est que nous sommes loin de l’optimisme des années 60 comme de l’opulente période de l’«American way of life ».

Et la pop inspirée par l’œuvre d’Andy Warhol paraît bien sobre à côté des mascarades exubérantes et saisissantes de couleur de Marcos Lopez. L’œuvre photographique de ce dernier n’est pas en soi une simple allusion à l’Histoire de l’Art, mais la description même du processus de dégradation croissante des cultures locales prises au piège de ce qu’on appelle la mondialisation. « Nos expériences visuelles et émotionnelles de tous les jours se façonnent désormais bien plus autour de souvenirs « made in Taïwan » que de l’héritage des folklores locaux », déclare l’artiste en parlant des villes d’Amérique latine.
Photographe de formation, Marcos Lopez a vite rejeté le photoreportage anthropologique noir et blanc, devenu représentatif de la photographie latino-américaine sur le marché mondial de l’Art.

C’est au travers de cette dénégation du stéréotype du documentaire social que son œuvre a acquis une vaste dimension politique. Rejetant la facilité esthétique, Lopez emprunte à la tradition Pop ses icônes populaires, ses affichages publicitaires et ses couleurs éclatantes pour les transformer de façon ironique en mascarades théâtrales surchargées. Il se tourne manifestement vers la couleur, les vastes surfaces et les mises en scène parodiques dès 1993. Ce revirement est en grande partie du à la situation politique et culturelle particulière que connaît l’Argentine à cette époque. Carlos Menem, alors président péroniste, a été en effet le premier à permettre l’entrée de l’Argentine dans le « 1er monde », en réussissant la dissolution des structures sociales telles qu’elles avaient été fondées par Peron après la guerre. Prenant à contre-pied le célèbre slogan d’Evita, Menem semble réaliser que dans ce monde médiatique, les mots et symboles importent bien plus que les faits. Dans sa première série de photographies en couleur intitulée « La Cité de la Joie », Lopez, à travers des scènes chargées, pleines de masques et de gestes exubérants, révèle le vide profond de cette propagande politique triomphante.

Il se passe également de récit spécifique, bien que les connotations allégoriques soient immanquables dans son œuvre. Les images au syncrétisme frénétique, « le goût kitsch », les couleurs tape à l’œil et discordantes coexistent pour s’accorder à la spécificité de la culture locale argentine cernée par le capitalisme mondial. La stratégie d’appropriation de l’artiste isole et rassemble à la fois objets de consommation et modèles sociaux en des scènes burlesques L’artiste présente son travail comme le questionnement de mythes culturels régulant la dépendance économique et l’effondrement des promesses de modernité. Le sens de l’humour caustique de Lopez garde pourtant un goût acide ; en effet, derrière ces images lumineuses et loquaces, s’installe le sens profond de l’abandon. »

Valeria Gonzalez – Université de Buenos Aires

 

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Exposition du 15 mai au 15 juin 2003

 


© Marcos Lopez

 

 


Lieu : Espace Matisse
505 centre Euralille – Lille

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