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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Nord Littoral : Des galeries à la plage

Nord Littoral : Des galeries à la plage

 

Le festival de photographie délocalise trois de ses expositions à Calais dans trois lieux différents. Deux s’installent à l’ombre traditionnelle des galeries, tandis que la troisième s’expose à la lumière vive de la plage.

Les Transphotographiques, festival de photo qui se tient depuis le 15 mai, présentent la particu­larité de concerner plusieurs villes à la fois. Valen­ciennes, Arras, Noeux-les-Mines, mais aussi les villes belges de Courtrai et Tournai accueillent une partie des expositions, même si la plupart des animations proposées autour de ce festival sont regroupées à Lille.

Trois lieux, trois expos à Calais

Calais participe à cette manifestation en trois endroits différents. L’école d’art de Calais ac­cueille dans ses locaux l’expo du Français Abder­ramhane Mostefa, intitulée « Le regard mutilé ». Les photos de cet artiste, dont le thème central est la femme, tourne autour du regard et de la difficulté de s’exprimer dans son pays. Dominique Bensaïd accueille quant à elle Abidat Abed avec « Paroles de Chibanis » dans sa galerie des 4-Coins. « Chiba­nis » en arabe signifie « vieux ». Ce photographe réalise des portraits photographiques d’Algériennes et d’Algériens qui sont venus en France dans les années 40 à 65 pour y travailler et y vivre: c’est la première génération d’immigrés algériens. Ces portraits sont accompagnés de textes, témoigna­ges qui font ressurgir leurs souvenirs. «C’est grâce à l’histoire qu’on peut avancer» déclare l’ar­tiste.

Expo à l’air libre

Certains Calaisiens se souviennent encore des photographies géantes d’Ernest-Pignon-Ernest, collées à travers la ville de Calais, dans les années quatre-vingts. Ils y repenseront certainement en allant voir la partie la plus insolite des Transphoto­graphiques: l’exposition de photos sur les chalets de la plage. Deux photographes y sont mis à l’honneur : Yazid Bekka, avec « Tamrut » et Djamal Benmokhtar et « Algérie mon amour ». Tamrut (le pays) est à la fois un reportage et un voyage. À travers près de quatorze ans d’images photographiques, l’auteur égrène souvenirs vi­suels et olfactifs. Djamal Benmokhtar, lui, parlera à travers ses photos de son retour au pays, après quinze ans d’absence. Ces deux expositions ont pu se monter grâce à la collaboration de l’Associa­tion des chalets de la plage.

Une cinquantaine de propriétaires de chalet ont donné leur accord, suite à l’envoi d’un courrier de l’association expliquant le contenu de l’exposi­tion et garantissant que l’accrochage des photos n’engendrerait aucune dégradation… « Il faut parti­ciper a ce genre de manifestation, ce n’est absolu­ment pas dérangeant», ont déclaré d’emblée M. Grandier et Melle Vanson, propriétaires du chalet 352. Seuls une dizaine de propriétaires ont refusé que leur chalet serve de support aux photos.

M.-F.H.

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