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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Voix du Nord : Konopka, le photographe des gris

Konopka, le photographe des gris

Parmi l’abondante programmation des Transphotographiques, on trouve quelques perles rares à ne pas manquer. Parmi elles, l’exposition  » Mutatis mu­tandis  » ( En changeant ce qui doit être changé ) de Bogdan Konopka. Ce photo­graphe polonais de 51 ans, vivant en France depuis 1994. poursuit un travail sur « le devenir des villes et plus particulièrement de Pa­ns s dont fait partie  » Muta­tis mutadis « , étonnante sé­rie de 40 images noir et blanc commandée par l’E­rime (1). Des prises de vue réalisées à la chambre de quelques joyaux du patrimoine culturel français en cours de rénovation. Ce sont le Grand Palais, le théâ­tre de l’Odéon, le musée de l’Orangerie, les Grands Mou­lins do Paris, la Cinémathè­que française ou encore l’amphithéâtre Verniquet du Jardin des plantes. Autant de monuments qui. a tra­vers le regard de Konopka, nous apparaissent non pas dans l’apparat dos maté­riaux riches et de l’architec­ture prestigieuse qui les ca­ractérisent habituellement. mais dans la finesse ténue des relations presque inti­mes entre les bâtiments et la lumière qui les fait vivre, les magnifie.

Pour cette commande,Konopka a utilisé une cham­bre grand format (20 x 25 cm), nécessitant du temps à la fois pour la prépa­ration et la réalisation de chaque prise de vue dont les tirages sont dos contacts. Il ne s’agit donc pas de photographie immédiate, instantanée ou cher­chant à fixer le spectacu­laire. Il s’agit d’une vision et d’une interprétation artisti­ques caractérisées par un re­cueillement cherchant à sai­sir des événements fragiles et nuancés : le jeu des om­bres et de la lumière, la resti­tution des différentes natu­res de matières, l’épreuve du temps qui modifie les choses, le tout dans un éclai­rage idéalement tamisé. Konopka s’affirme comme le photographe des gammes de gris, c’est d’ailleurs le nom d’un autre de ses tra­vaux consacrés à la mutation de Paris. Et cette exposi­tion s’impose comme l’une des plus intéressantes des Transphotographiques, mal­heureusement cantonnée dans un lieu excentre qui ne la met pas en valeur.

François Lecocq

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