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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Libération : Du classique pour les Transphotographiques

Libération : Du classique pour les Transphotographiques

Sauts de puce Lillois pour la quatrième édition de ce festival en accès libre

Derniers jours du festival lillois Transphotographiques. Pour sa quatrième édition, la manifestation a bénéficié d’un «parrainage» de poids : celui de la Maison européenne de la photographie (MEP). Jean-Luc Monterosso, «patron» de la MEP, est cette année commissaire général.

Puisant dans le fonds de sa Maison, il donne ainsi aux habitants du Nord-Pas-de-Calais l’occasion de voir ou revoir des images de photographes consacrés, telles celles réunies autour du thème du corps au musée de l’Hospice Comtesse. Transphotographiques, festival aux moyens modestes, apparaît ainsi comme une manifestation faite davantage pour toucher un public non spécialiste ­ les expos sont gratuites ­ que pour présenter les futurs poids lourds de la photo. Cette année, la programmation officielle propose onze expositions, dont sept à Lille, tandis que se poursuit un «festival off».about:blank

Sauts de puce lillois, en commençant par le palais Rihour où William Klein présente les gens qui «font» Lille. Dans ce travail de commande apparaissent des autochtones regroupés par catégories sociales. Avocats, flics, politiques… Klein s’est manifestement bien amusé, sans, à l’évidence, donner le meilleur de lui-même.

Changement de décor, avec l’église Saint-Maurice. Sebastião Salgado expose les images de son ouvrage la Main de l’homme. Mineurs de l’or, ouvriers du pétrole… la souffrance au travail, comme une passion christique. Dans l’espace d’exposition de l’agence Graphèmes, une autre messe est célébrée : celle de Michel Journiac, qui consacre son sang, tout en récitant du latin. La vidéo de 1975 retrace une performance de l’artiste, que l’on retrouve dans l’exposition sur le corps à l’Hospice Comtesse. Des portraits du père cancéreux de Richard Avedon, les sosies de Michael Jackson par Valérie Belin, des visages de marbres de l’Antiquité comme des figures d’aujourd’hui, grâce aux manipulations d’ordinateur de Lawick Müller… L’exposition, dense, bénéficie d’un bel accrochage.

Fin de parcours avec Georges Rousse qui, dans des lieux désaffectés, crée des espaces illusoires. Interviewé sur sa relation à la photo, il raconte, dans une vidéo, comment, de l’oeuvre de peintres anciens en Chine, il ne reste que les descriptions qu’en faisaient les lettrés. De ses installations, il ne reste souvent que des photos et tout serait bien ainsi.

Frédérique Fanchette, Libération du 12 juin 2004

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