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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Voix du Nord : Entre agonie et début d’une autre vie

Voix du Nord : Entre agonie et début d’une autre vie

Jusqu’au 15 juin, les Transphotographiques ont pris place au pied de la piste de ski

Si l’an passé, la Commu­nauté de communes de Noeux et environs (CCNE) avait accueilli les Transpho­tographiques sur plusieurs sites, cette année, élus et or­ganisateurs de ce festival de photos ont décidé de concentrer leurs forces en un lieu. Depuis le 15 mai et jusqu’au 15 juin, l’Académie des sports présente les cli­chés de Bogdan Konopka. L’artiste polonais était, ven­dredi, au pied de la piste de ski.

Ne demandez pas à Bog­dan Konopka pourquoi il est habillé tout de noir. Vous n’obtiendrez comme réponse… un sourire et une précision ; ses pantalons, sa chemise et sa veste ne sont pas noirs. Du moins, ils ne sont pas du même noir. Pour ses photos, c’est pa­reil. Tout est en nuance. Du gris clair au gris foncé. « Je fais des gris pouf expliquer le noir », précise d’ailleurs cet artiste, né il y a 51 ans en Pologne, arrivé en France en 1989 et installé à Paris depuis 1994. Cet amoureux du gris n’hésite pas à revêtir son bleu de travail pour aller promener sa chambre 20 x 25 dans les grands chantiers parisiens. Il a été chargé par l’E­MOC (Établissement public de maltase d’ouvrage de Ira-vaux culturels) de donner sa « vision de l’intérieur«  de ces travaux. C’est le résultat de cet ouvrage de plus de 2 ans qui est visible à Loisi­nord.

Grand Palais, théâtre de l’Odéon, musée de l’Orange­rie, Grands moulins, Halle à la farine… qu’ils soient cultu­rels, industriels, patrimo­niaux ou administratifs, les bâtiments nationaux sont montrés sous un angle diffé­rent et impressionnant. Car l’instant immortalisé par le photographe est un mo­ment fort de la vie des pier­res et des parpaings pari­siens. C’est l’agonie ou le dé­but d’une autre vie.. « Ce sont souvent des témoigna­ges avant une transforma­tion« , explique-t-il.

Perspectives

Travaillant pratiquement tout le temps avec un éclai­rage naturel, l’artiste utilise des temps de pose pouvant dépasser les deux heures, un développement attei­gnant allégrement les demi-heures et des vitesses n’ex­cédant pas le 60′ de se­conde. Pour lui, saisir le temps qui passe ne peut se mesurer en minutes OU en heures. Des photos dé­nuées d’hommes mais pas déshumanisées s’enchaî­nent donc, souvent à coups de perspectives. Le Grand Palais avec sa charge histori­que, le délirant Grand mou­lin ou encore le théâtre de l’Odéon ont été les temps forts des travaux de Bogdan Konopka.

« Ce sont des moments fragiles », souligne le photo­graphe. « Dans chaque photo, d y a une histoire, de la lumière », estimait pour sa part un couple de Mar­quette-Lez-Lille. Aux yeux de beaucoup, la présence d’habitants la région lilloise faisait mentir les critiques de ceux qui pensaient que Bogdan Konopka méritait mieux qu’une exposition loin de la capitale régionale. « Vous avez réussi à chan­ger la pierre non pas en or mais en lumière » estimait Arnold Crammer, premier vice-président de la CCNE, qui soulignait que les Transphotographiques sont la première manifestation culturelle de l’intercommu­nalité. «Je ne regrette pas du tout de ne pas être à Lille », tenait à préciser Bog­dan Konopka qui rappelait en même temps l’intérêt de décentraliser la culture. Il est vrai que le thème choisi cette année par les Transphotographiques était, la transformation. Et qu’une telle exposition ai pied d’un terril devenu piste de ski artificielle prenait un relief particulier.

David Cierniak

 

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