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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Voix du Nord : Entrez dans le décor des photographes

Voix du Nord : Entrez dans le décor des photographes

Sur le mail piétonnier et dans le hall de l’hôtel de ville

En empruntant le mail piétonnier face à l’hôtel de ville, on ne peut être qu’in­terpellé par les photos grandeur nature de voitu­res blindées de bagages.
Ces voitures, on en a déjà croisé sur l’autoroute du So­leil. Thomas Mailaender aussi, lui qui vit à Marseille. Comme à Sète, derrière les grillages du port autonome de la cité phocéenne, elles sont prêtes à être embar­quées pour le Maghreb. « Derrière les images de ces voitures, on trouve des his­toires, raconte le photogra­phe. J’ai voulu les capter avec l’objectif et je me suis fais embaucher par la SNCM, sur le port. Puisque leur poids et leur hauteur ne sont pas taxés, ces voitu­res servent carrément de conteneurs pour transpor­ter des marchandises ame­nées au pays. Certaines n’ont mémo pas de mo­teur : elles sont embar­quées, débarquées et elles reviennent par le môme ba­teau ! »

Alors Thomas les a photo­graphiées en mode argenti­que et détourées grâce à un logiciel numérique. Elles sont de profil, de face ou vues de l’arrière. Souvent de vieilles guimbardes, char­gées jusqu’à n’en plus finir. Et il a appelé sa série de cli­chés « Les voitures cathé­drales », qui compose l’ex­position extérieure inaugu­rée hier midi. Il s’agit de pho­tos grand format, presque en trompe-l’œil pour les automobilistes qui longent la place Jean-Jaurès. Thomas Mailaender, qui a suivi ses études à Paris et qui vit désormais à Nice, n’est pas le seul artiste in­vité à Lens. Dans le cadre des « Transphotographi­ques », un festival d’expos internationales sur Lille, Ca­lais, Courtrai, Valenciennes, Arras et donc Lens, le thème « Hors circuits » a aussi été abordé par Benoit Dorchies, dont les photos sont présentées dans le hall de l’hôtel de ville, toujours en partenariat avec l’asso­ciation Lez Arts de Lens. Benoît Dorchies a titré son exposition « Sambre Le long de la rivière », on se croise, on y pèche, on s’arrête quand passe un ba­teau, on se baigne, on y joue, on y déambule en fa­mille le dimanche… C’est cette vision très colorée que le photographe a souhaité restituer à sa manière, en noir et blanc pour en déga­ger la force. Chaque prise de vue raconte une histoire, une simple rencontre, un échange. Ici, la vie s’écoule paisiblement, au gré des on­des de la rivière.

Pour les passionnés de photo, ce festival international « in » et « off », selon les propres termes des instigateurs de cette cinquième édition, mérite le détour. Pour un peu, on se surprendrait à faire partie du décor.

F. C.

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