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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Voix du Nord : Ne te montre pas, je dirai qui tu es.

Voix du Nord : Ne te montre pas, je dirai qui tu es

Dans le cadre du festival des Transphotographiques, Nicolas Wilmouth expose dans le tout nouvel atelier de Laurent Dejente. Deux artistes venus de loin qui ont choisi le Nord pour créer.

Qui se cache derrière cette nuque fière ? Quelle pensée traverse cette jeune fille que l’on semble suivre pas à pas dans une rue vide ? Pourquoi cette femme au dos si las nous émeut-elle ? On ne sait rien des person­nages photographiés par Ni­colas Wilmouth. Et pour­tant, des histoires se devi­nent, des existences se révè­lent. On ne voit pas leur vi­sage, et pourtant ils parais­sent bien présents, cadrés de si près que l’on peut sen­tir le grain de la peau, devi­ner la tristesse ou la joie, la solitude et l’ennui. Ce travail étonnant est ac­tuellement visible à La Ma­deleine, dans le cadre du festival Transphotographi­ques, au sein du tout récent atelier investi par Laurent Dejente.

L’un est originaire de Pa­ris, l’autre de Marseille, mais tous deux sont photo­graphes (même si Laurent Dejente se qualifie plutôt de  » plasticien pluridiscipli­naire « ), et tous deux ont adopté le Nord pour créer.  » Je me suis installé à La Madeleine en août dernier, explique Laurent Dejente. À Marseille, la culture expéri­mentale est en perte de vi­tesse. J’ai par contre trouvé à Lille une dynamique, une vraie curiosité et un accueil remarquable « .

L’occasion est également venue pour Laurent Dejente de s’installer dans le Nord, puisque son épouse n’est autre que la directrice d’Ikea Lomme. Et c’est à La Madeleine, dans une ancienne menuiserie de la rue Faidherbe, que notre homme a posé ses va­lises.

Lui aussi expose dans le cadre des Transphotogra­phiques, une rétrospective de son œuvre, approche cri­tique de notre réalité, au sein du musée d’art sacré contemporain, installé dans la crypte de la cathédrale Notre-Dame de la Treille à Lille.

Lui aussi est fasciné par les « portraits de dos », « une approche non psycho­logique, qui attise la curio­sité du spectateur ». C’est donc avec plaisir qu’il accueille « chez lui », le travail de Nicolas Wilmouth. Ce dernier est originaire de Paris, mais il vit à Lille de­puis deux ans, où il a rejoint son amie. Travaillant en indépen­dant pour des agences de publicité (il a notamment réalisé des campagnes dé­capantes pour Leclerc, Cas­torama ou le journal Man Health), Nicolas Wilmouth développe un regard non dénué d’humour noir sur le quotidien mis en scène.

« Je fais de la photo pour raconter des histoires. J’in­vite le spectateur à rentrer dans l’univers de mes per­sonnages ».

Les deux séries qu’il pré­sente à La Madeleine (« Back Bone » et « Falai­ses »), sont évidemment beaucoup plus sérieuses, voir glaciales pour certains. Mais ses images sobres n’en sont pas moins char­gées d’une réelle intensité.

Jean-Marc Petit

 

 

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