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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Voix du Nord : Voyage au pays de l’étrange

Voix du Nord : Voyage au pays de l’étrange

Quatre photographes exposent jusqu’au 25 juin au Tri postal

Les choses en (très) grand. Le Tri postal reprend du service pour accueillir une exposition du pro­gramme officiel des Trans­photographiques. Mercredi soir, a eu lieu le vernissage. Plus de cent cinquante per­sonnes y ont assisté. Quatre photographes y présentent leurs travaux jusqu’au 25 juin : Philippe Dapvril, Olivier Mirguet, Yto Barrada et Guillaume Herbaut. Seuls les deux premiers étaient présents lors de l’ouverture. Auschwitz se dit Oswie­cim en polonais. Guillaume Herbaut, fondateur du col­lectif l’OEil public, a rapporté de cette ville sinistre un re­portage saisissant. Un seul cliché représente le camp de concentration. Il est en revanche entouré de scè­nes quotidiennes prises dans cette ville ; scènes qui, à la lumière de cette seule image du camp de la mort, prennent un aspect irréel, in­quiétant, angoissant, même. Ainsi cette photo d’une miss Oswiecim, ou cette autre d’une maison close clandestine, cette fête lycéenne, la gare, un inté­rieur cossu, tout semble res­pirer la mort, le chaos, l’indi­cible horreur.

C’est en Asie qu’Olivier Mirguet, journaliste à France Inter, a promené son appareil. Plus précisément en Corée du Nord. «Je suis parti six jours. J’étais enca­dré 24 heures sur 24 par deux guides qui dormaient dans le môme hôtel que moi. Je savais que je ne se­rai pas libre de photogra­phier ce que je voudrais. » Alors, docilement, en appa­rence, il a pris en photo ce qu’on lui disait de prendre. « J’ai décidé de devenir un photographe de propa­gande. J’ai juste décalé de quelques pas, de quelques mètres pour mieux analyser les choses et les compren­dre. » Le résultat donne de la Corée du Nord une vision absurde.

Partageant son temps en­tre la France et le Maroc, Yto Barrada propose des instantanés de Tanger, des images prises dans des usi­nes, dans la rue, sur un ter­rain vague… Lest but not least, Philippe Dapvril a fixé sur la pellicule les trois ports de notre région : Ca­lais, Boulogne et Dunker­que. Peu voire pas d’hu­mains du tout sur le résul­tat. On reste fasciné ainsi qu’étrangement inquiet de­vant ce ferry échoué sur une plage telle une baleine. Ou devant ces énormes grues et entrepôts. Le pho­tographe commente : « le port est un monde partagé entre l’imaginaire et le réel. » On peut en dire autant de cette expo.

S.R.

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