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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Les Cahiers du Cinéma : Hors des binômes

Les Cahiers du Cinéma : Hors des binômes

Du 10 mai au 27 juin se tient à Lille et dans toute la région l’une des plus importantes manifestations européennes dédiées à la photo, les Transphotographiques. Cette année, elles ont choisi de se donner pour thème le cinéma.

Très naturellement, les Cahiers ont souhaité s’associer à ce projet très ambitieux, qui recoupe des interrogations que porte la revue depuis de nombreuses années.

Les Cahiers seront donc présents à Lille tout au long de la manifestation qui leur a offert une « carte blanche », avec en particulier des expositions grand format de vingt trésors de leur photothèque dans les rues de la ville, la mise en valeur de travaux des photographes « maison », Carole Bellaïche et Frédéric Poletti, les images de Cannes des Traverso (dont les Éditions des Cahiers publient un ouvrage, Cannes : Ils/Elles ont fait le Festival, à l’occasion du 60′ anniversaire du Festival) et l’accompagnement de trois installations d’Agnès Varda.

De nombreux autres artistes figurent également au pro­gramme, dont Françoise Huguier, long tinte companion de la revue, François-Marie Banier, un des regards les plus justes qui se soient jamais portés sur ceux qui incarnent le cinéma, les images de Clergue sur le tournage du Testament d’Orphée, l’intrigant « Les maisons ne dorment jamais » de Denis Lenoir, les expériences sur le mouvement à partir d’images fixes, de Peter Knapp (Totems images/seconde) au Paris-Marseille de Pierre Novion, l’invasion du Nord-Pas-de-Calais par les armées de Star Mirs photographiées par Cédric Delsaux, la classique mais si riche collection de portraits de stars de Léo Mirkine…

Mais la présence des Cahiers en dialogue avec la photo­graphie, c’est aussi, ou même d’abord, le travail qui s’effectue dans ces pages.Travail au long cours, qui est passé par de mul­tiples étapes, comme le rappelle Alain Bergala (lire pages 90-91). Travail souvent suscité par les interférences fécondes que pro­pose l’actualité, et d’autant plus fécondes qu’elles échappent au partage binaire photo/ciné.

C’est la subtilité des détours proposés par la Cinémathèque française avec son exposition « L’image d’après », et les échos d’autres recherches qu’elle éveille (pages 82-84). C’est le che­minement du photographe et plasticien Victor Burgin entre le cinéma comme mémoire cinéphile et le cinéma comme dis­positif technique (lire pages 88-89). C’est l’étonnante érotique du va-et-vient d’Abbas Kiarostami, quand ses Routes mènent de l’esprit de ses filins à l’invention de ses images fixes pour mener vers un autre espace imaginaire dans le filmage de celles-ci (lire pages 86-87).

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