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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Frédéric Cornu : Discount Écran Boîte

Frédéric Cornu : Discount Écran Boîte

 

Le titre est frontal, dénotatif, sans affect… comme les photographies. Ce qui fait le quotidien des masses humaines est ici sévèrement arrêté pour mieux être appréhendé dans sa brutalité esthétique et anthropologique : l’architecture et les rayons, les écrans de la télé-réalité et les clients. Un monde hard, diront les uns, fonctionnel, les autres. Voilà notre hypermodernité marchande tout en couleurs : un agencement de boîtes et d’écrans, une avalanche de marchandises et d’images. Des fonctions primaires à satisfaire ? S’alimenter et se divertir, envisager un éventuel quart d’heure de gloire. Saint Andy, priez pour nous ! Au cinéma, on plante le décor, les acteurs jouent et l’on tourne. Discount Ecran boîte a planté les téléspectateurs et ensuite le décor (les magasins discount) et les accessoires (les marchandises et les images tant la télévision populaire est un autre aspect de la « hard distribution ») . L’organisation en triptyque faite à partir des prélèvements photographiques produit une mise à plat analytique des flux. La vie est belle, même si elle ne fait pas rêver !

La photographie est un enfermement, on le sait ! L’étude politico-philosophique de cette logique néolibérale est faite. Nous savons désormais à quoi nous en tenir concernant ce fonctionnalisme total ! Ce monde-là est parodique – la photographie n’étant rien d’autre ici qu’un instrument impitoyable de vérification formelle. Quant à la morale de cette histoire, il faut la laisser en suspens ! De toute façon, le photographe prend date. On verra plus tard si ce monde était bien celui du bonheur. A moins que nous en doutions déjà ! Mais le drame n’est pas que les supermarchés existent comme tels, mais qu’il faille aussi dans la même rationalité fabriquer les clients pour les boîtes – ce à quoi s’emploient les écrans. Mais de quoi devrions-nous plaindre puisque le trash est bien clean en définitive ? Cette photographie typologique documentaire de proximité ne saurait nous révéler une quelconque étrangeté sympathique de l’ici et du maintenant : pourquoi faudrait-il qu’elle insiste là-dessus, la platitude de ce monde rationnellement conçu et programmé ? A cela il n’y a pas de réponse immédiate et rapide. Pour être aussi sobre que les images, on dira : c’est de l’anthropologie photographique.

Texte Didier VIVIEN

 

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Exposition du 11 au 30 mai 2008

 


© Frédéric Cornu

 


© Frédéric Cornu

 


Frédéric Cornu © D.R.

 


Lieu : La Plus Petite Galerie du Monde [oui presque]
69 rue des Arts, Roubaix

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