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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Nord Éclair : Impertinemment slovènes

Nord Éclair : Impertinemment slovènes

La Slovénie ne produit pas que des ours destinés à repeupler les Pyrénées. C’est aussi un pays où l’on cultive l’irrévérence. En témoignent Vuc Cosic et Matej Andraz Vogrincig, détourneurs de photos historiques.

L’un d’eux porte un tee­shirt sur lequel on peut lire que dans certaines circonstances le Bon Dieu tue les chatons. Bertrand de Tal­houet, président du festival des Transphotographiques se mon­tre perplexe quand on lui de­mande si ce tee-shirt pourrait un jour figurer dans les pages du catalogue de la Redoute dont il était naguère PDG. Qu’à cela ne tienne. les deux Slovènes Vuc Cosic et Matej An­draz Vogrincic figurent actuelle­ment sur le catalogues des Transphotographiques avec une exposition de seulement quatre photos… dont ils ne sont pas même pas les auteurs. Quatre photos qu’ils rendent subversives en leur ajoutant leur propre dérision. Quatre photos qui ont fait le tour du monde mais qu’ils ont détour­nées à plaisir. Les deux lascars sont du genre à rajouter des moustaches à la Joconde!

L’uniforme de Staline

Il y a là Churchill. Roosevelt et Staline assis côte à côte au cours de cette conférence de Té­héran qui scella le partage du monde de l’Après-Guerre Walt Disney. le papa de Mickey ren­contrant Von Braun, le père des V2 : le général Nguyen Ngoc Loan descendant à bout por­tant un prisonnier vietcong et puis encore Slobodan Mitose­vic. président de Serbie. signant avec ses homologues de Croatie et de Bosnie les accords de Day­ton sous le regard désabusé des grands de ce monde. Plus qu’à la solennité de ces scènes, Cosic et Vogrincic se sont Intéressés à l’élégance des prota­gonistes. Même si les photos sont en noir et blanc. les deux artistes ont retrouvé des échan­tillons colorés de tissu pouvant correspondre qui à l’uniforme de Staline qui à la chemise à carreaux du prisonnier viet­cong exécuté de sang froid. Une exposition qui a somme toute sa place dans des Transphoto­graphiques qui ont pour thème cette année la mode. En tout cas. un pied de nez on ne peut plus soixante-huitard à une histoire qui prête rarement à rire. En Slovénie au temps de Tito déjà on appréciait l’esprit fondeur et subversif.

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