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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Magazine PHOTO : Les Transphotos 09 Lille

Magazine PHOTO : Les Transphotos 09 Lille

Du 13 mai au 15 juillet Lille célèbre la photo. En avant-première, PHOTO, partenaire du festival ch’ti, vous dévoile l’intégralité du programme.

« Explorer la création photographique, transmettre le goût de l’image, questionner les représentations de notre monde… c’est ce à quoi nous invitent les Transphotogra­phiques», annonce Martine Aubry, maire de Lille. Du 13 mai au 15 juillet 2009 s’ouvre la huitième édition du festival des Transphotographiques de Lille. Ce rendez-vous, désormais incontournable pour la photographie contemporaine et dont Photo est partenaire pour la deuxième année consécutive, propose une programmation allé­chante de photographes européens de renommée internationale et de talents émer­gents. Thématique de l’année : « L’Europe et ses frontières ». Des photographes russes, polonais, tchèques, roumains, hongrois, français… confrontent leurs visions de l’espace européen et invitent le visiteur à se pencher en images sur les notions de territoire, de communautés, d’identités… A travers tout Lille, qui ouvre pour l’oc­casion les plus beaux lieux de la ville, partez à la découverte d’images Émotions, In­formations, Révélations ! Toutes les expositions sont gratuites et sur de nombreux lieux, vous pourrez vous offrir les tirages présentés. Rencontrez les photographes, allez aux nombreuses conférences organisées, aux projections, aux lectures de portfolios (participation de 20 €), aux stages… En avant-première, Photo, partenaire de l’événement vous dévoile ici le programme de toutes les expositions des Transphotos.

 

 

INTERVIEW D’OLIVIER SPILLEBOUT, DIRECTEUR DES TRANSPHOTO­GRAPHIQUES DE LILLE

Vous en êtes à la 8e édition, avez-vous la sensation que ce festival photo est de plus en plus facile à organiser ou bien est-ce le contraire ?

Les problématiques d’organisation ont changé avec les années. Le plus difficile étant certainement de tenter de garder la place que nous avons réussi à conquérir dans le paysage européen de la photographie.

Financièrement, vous sentez-vous soutenu par la ville de Lille et par son maire, Martine Aubry, à qui vous offrez plus d’une belle image ?

Le festival est effectivement soutenu par la ville de Lille, et donc son maire, à part égale avec la région Nord Pas-de-Calais. Malheureusement, la qualité de l’échange de fond et du soutien n’est pas selon moi à la hauteur de ce à quoi pourrait prétendre un événement qui a 8 ans d’existence, et qui a participé à sa façon à la construction du nouveau paysage culturel lillois.

Vos expositions investissent les plus beaux lieux de la ville et sont gratuites. Comment les Ch’tis perçoivent-ils ce festival ?

Cette année est une année particu­lière, et nous disposons de moins de lieux traditionnellement occupés par le festival; néanmoins le public de toute la région pourra découvrir de nombreuses expositions de qualité, la plupart inédites en France, et cela gratuitement, comme depuis la créa­tion du festival. Les Ch’tis apprécient cette offre culturelle je pense. Ils ont pris l’habitude de ce rendez-vous annuel, qui leur fait accéder au meilleur de la création internationale.

 


Quel est le lien entre la Maison de la Photo de Lille et les Transphotos ?

La Maison de la Photo est tout simplement notre lieu de diffusion à l’année. Ce lieu est complémentaire du festival qui, lui, est un événement annuel temporaire qui s’étend sur plusieurs lieux de la métropole lilloise en mai-juin. Mais c’est la même équipe qui anime les deux. Cette année, les Transphotos se tournent vers l’Europe de l’Est et ses frontières.

Pourquoi ce choix ?

La ville a créé une manifestation importante couvrant un peu tous les médiums culturels, qui s’appelle Lille3000. L’Europe de l’Est « Eu­rope XXL est la thématique retenue pour l’édition 2009 de Lille3000. Nous nous inscrivons donc en toute logique dans cette thématique.

L’an dernier, vous nous aviez fait découvrir, entre autres, la jeune photographe tchèque Tereza Vlockva. Quelle est cette année votre grande révélation ?

Si on se tourne vers la jeune création tchèque, ce sera sans aucun doute Bara Prasilova et Dita Pepe. Mais des travaux fantastiques nous arrivent aussi de Pologne, je pense notamment aux portraits d’Andrejz Dragan à qui Photo consacre un portfolio, mais aussi aux travaux des nouveaux publicitaires du col­lectif Photo-Shop de Varsovie, aux travaux personnels de Zuza Krajewska & Bartek Wieczorek, ou encore d’Igor Omulecki. Un travail formidable aussi que celui de la photographe allemande Jessica Backhaus, qui n’a jamais été pré­senté en France… Pour l’anecdote, Jessica a été plusieurs années l’assistante de David LaChapelle. rien que ça !

Comment réalisez-vous votre pro­grammation ?

Cette programmation se construit de plus en plus sur plusieurs années. Elle est le fruit de rencontres avec d’autres directeurs de festival, des directeurs de galerie ou de musée. De rencontres directes aussi avec les photographes, de dossier de candidatures que nous recevons chaque année plus nombreux. Ac­tuellement, nous travaillons déjà sur l’édition 2010 mais aussi sur celle de 2011, qui sera consacrée à une thématique qui m’est chère, le Nord Pas-de-Calais.

 

Vous présentez « Chalk Lines une Investigation photographique de Stanley Greene dans les républiques du Caucase. C’est une première mondiale ?

Effectivement, c’est la première fois qu’autant d’images sur Chalk Lines sont exposées. L’expo totale fait 238 images ! Seulement 10 images du sujet ont été montrées à la Maison Doisneau, près de Paris, en décembre. Stanley a commencé à travailler sur le Cau­case en 1993. En 2004. il gagne le Prix Eugene Smith pour poursuivre son travail. A la fin du sujet, Stanley avait décidé de tirer la majeure partie de ces images afin d’avoir une trace, et une exposition de prête. Tirée en 2006, cette exposition n’avait finale­ment jamais été présentée, elle le sera pour la 1ère fois à Lille cette année.

Une des spécificités de votre festival est que vous permettez aux visiteurs d’acquérir tous les tirages présentés…

C’est exact. Les prix pratiqués vont de quelques centaines d’euros à quelques milliers. Et la répartition est à part égale entre le festival et les artistes. C’est une nouvelle voie que nous tentons. Le festival, comme tout événement culturel, se doit d’équilibrer son budget. Nous préférons conserver la gratuité d’accès aux expos – ce qui est salué par le public – tout en donnant la possibilité à ce public d’acquérir les œuvres. C’est aussi notre manière à nous de convaincre le grand public que la photographie est un art qui s’achète. Et que c’est l’essence même, pour un artiste, que de vivre de la vente de ses œuvres. Bien évidemment, au delà de la symbolique, il y a les réalités, la crise économique déjà, et puis, certaines expositions, si elles ont un intérêt culturel évident, le sont moins en terme de logique commerciale.

Parlez-nous des Transphotographiques en Pologne. Ça continue ?

Oui l’aventure continue, le festival se déplacera probablement à Varsovie pour sa prochaine édition. Une grande partie de la programmation des Transphotographiques est le fruit de cette collaboration avec la Pologne. Et à l’inverse, c’est assez formidable d’avoir pu exposer nombre de photographes français. dont beaucoup du Nord Pas-de-Calais, dans un pays qu’ils ne connaissaient pas, et où ils n’avaient jamais pu exposer leur travail. Ces échanges culturels durables enrichissent mes re­cherches artistiques et participent à la promotion des photographes français en Europe.

 

Qu’est-ce qui vous donne le plus de satisfaction dans l’organisation d’un tel festival?

Sans aucun doute, l’ensemble des rencontres fantastiques que j’ai pu faire, des artistes aux conservateurs de musée. galeristes, en passant par leurs collaborateurs, et d’une manière générale. de toutes ces personnes qui nourrissent directe­ment ou indirectement ma pro­grammation pour les Transphotos.

Quelles sont vos plus grandes déceptions ?

Assurément de ne pas avoir su convaincre nos élus locaux de l’importance de conforter et déve­lopper le festival et de n’avoir pas pu concrétiser le projet d’un musée de la photo en métropole lilloise. D’avoir vu émerger de nouvelles manifestations sur notre territoire ; car au lieu de conforter un paysage culturel existant, elles l’ont un peu plus déstabilisé à mon sens.

Avez-vous encore le temps de pratiquer la photo, vous qui avez été l’un des gagnants de notre Concours Amateurs ?

Pas assez… Mais chaque année je me dis que je vais m’y remettre !

Avez-vous de nouveaux projets photographiques ?

Nous démarrons en mai un projet que nous avions en tète depuis longtemps: créer, en toute mo­destie, un magazine photo. La publication, c’est avec les expos, assurément la plus belle des manières de promouvoir la photographie et les photographes. Nous le faisons avec l’aide de quelques partenaires privés que sont Profoto, Dupon, BMW mais aussi Photo puisque vous parlez de ce projet dans cette page.

Interview réalisée pour Photo en avril 2009 par Agnès Grégoire

 

STANLEY GREENE / ETATS-UNIS / CHALK LINES

L’un des plus grands photo-journalistes au monde, membre cofondateur de l’agence Noor présente pour la première fois de façon aussi importante son reportage intitulé  » Chalk Lines « . Stanley Greene fut le lauréat 2004 du prestigieux Prix W. Eugène Smith pour son important travail sur la guerre en Tchétchénie et pour encourager la réalisation de ce projet Chalk Lines sur les républiques du Caucase. Il s’agit d’une enquête photographique sur le Caucase (mer Caspienne, Azerbaïdjan, Arménie, Géorgie, Tchétchénie, Ingouchie et Daghestan), cette région où se joue une profonde tragédie humaine, des milliers de personnes sont mortes et plus d’un million ont été déracinéeset ont perdu leur logement..

Du 14 mai au 12 juillet, Palais Rameau, Lille. Exposition réalisée en partenariat avec l’atelier Fenêtre sur Cour et Photo.

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