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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Voix du Nord : « Nemuro, l’archipel des brumes », le bout du monde à portée d’objectif

Voix du Nord : « Nemuro, l’archipel des brumes », le bout du monde à portée d’objectif

Pour sa huitième édition, le festival des Transphotogra­phiques accorde sa program­mation à celle de Lille3000 -Europe XXL, en se tournant vers la thématique des fron­tières. À l’espace Édouard-Pi­gnon, aux Bois-Blancs, Ar­naud Wacker explore des ter­res inconnues, à l’extrême est du Japon, baignées par la brume et le mystère, presque invisibles au regard.

À quinze heures de train de To­kyo se trouvent les îles des Kouri­les. au-delà du cap Nosappu. si­tué sur l’île la plus au nord d’Hok­kaido. « Quand on sait que. de Pa­ris à Tokyo, il y a douze heures de trajet, on a l’impression qu’en al­lant à Nemuro, on part hors du monde. » Terres dépeuplées, enva­hies par la brume et le silence, les îles qui forment l’archipel Ne­muro offraient à Arnaud Wacker un théâtre parfait, très photogéni­que. Autrefois japonaises. ces îles sont russes depuis que l’Armée rouge les a conquises, en 1945. Depuis. il n’y a plus âme qui vive. « Un des buts de ce voyage était de photographier l’absence. Ces îles qui devraient être vues, mais qu’on ne peut pas voir, qui de­vraient être japonaises, et qui ne le sont plus. » Dans une esthétique remarquable. les clichés allient la douceur (lu brouillard et le brut des rochers. le clair du ciel cré­meux et l’obscur d’une terre hos­tile.

Contemplation et réflexion

Les Transphotographiques ont pour objectif de faire découvrir au public de jeunes artistes talen­tueux dont les clichés sont nour­ris de réflexion. Arnaud Wacker met en avant une réalité com­plexe : la terre est revendiquée par nombre de Japonais aux ar­guments nationalistes, tandis que les Russes ne veulent pas cé­der ces territoires stratégiques et ces eaux riches en poissons. Un sujet politique. mais aussi une ré­flexion sur le thème de l’eau au Japon.
Françoise Coliche, présidente du Comité d’animation des Bois-Blancs, tenait tout particulière­ment à ce que l’artiste s’attache à cette thématique. Il s’agissait ainsi de créer un lien entre ce tra­vail qui nous mène aux confins du monde et les fêtes de l’eau en préparation pour la fin du mois de mai. Fraîchement revenu d’un séjour de deux mois en terre nippone. Arnaud Wacker a ainsi fourni une série de clichés supplé­mentaires sur l’eau au Japon, pro­jetés dans la salle d’exposi­tion.

M.-H. S.

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