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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Jean-Philippe Charbonnier : Le Nord

Jean-Philippe Charbonnier : Le Nord

 

Né à Paris en 1921, Jean-Philippe Charbonnier est issu d’une famille d’intellectuels et d’artistes – son père était peintre, sa mère écrivain -. En 1939, après ses études secondaires, il entre chez le portraitiste et photographe de plateau Sam Levin. Au studio des Buttes-Chaumont, il découvre l’envers du décor et les stars de l’époque : Gaby Morlay, Françoise Rosay et la très jeune Micheline Presle. La guerre interrompt son début de carrière et il se retrouve à Lyon, dans les laboratoires des photographes réputés Blanc et Demilly, dont il dit avoir apprécié l’extrême professionnalisme. Après avoir travaillé comme metteur en page à Libération et à France-Dimanche, il rejoint en 1945 Albert Plécy, au magazine Point de Vue, livrant aussi bien des photographies que des textes. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de Robert Doisneau.

En 1950 commence sa collaboration avec Réalités, dont il deviendra l’un des piliers. Une publication mensuelle qui connaît un grand succès dans la période de l’après-guerre et figure en bonne place dans l’histoire des rapports de la photographie avec la presse illustrée. On y trouve également des reportages d’Édouard Boubat. Charbonnier travaille sur la vie quotidienne des Français : il photographie un médecin de campagne dans la Creuse en 1950, un notaire à Amboise en 1951, Le pharmacien d’Aubusson en 1953 … et ses images constituent aujourd’hui d’inestimables témoignages sur les années cinquante. Auparavant, en 1949, sa découverte de la Belgique est pour lui une étape décisive dans sa carrière : « Anvers fut mon premier grand reportage. Je décortiquais tout, jour et nuit… J’adorais la ville, les gens, la vie vorace, cet exotisme robuste, cosmopolite, cet art flamand partout. L’Escaut inhabité sur une rive comme le Gange à Bénarès. Ce fut mon premier Noël au loin. Il y en aurait bien d’autres, moins gais. J’avais aimé Anvers, on avait aimé mes photos… Je fus engagé au magazine Réalités, mon rêve d’alors. J’y suis resté 25 ans ».

Il retourne en Belgique en 1954, mais en cette même année, il continue surtout de compléter son tableau de la France ouvrière avec un reportage sur une famille de mineur, à Lens. Il sillonne les villes minières et industrielles du nord : Marcq-en-Baroeul, Linselles, puis Roubaix et Tourcoing en 1958 et 1959. La vie de famille, les fêtes, les bals, les cérémonies religieuses, l’éducation des enfants, la lecture de la presse, la politique … ce sont tous ces moments, publics ou plus intimes, en dehors de la mine et de l’usine, que Charbonnier s’attache à montrer plus particulièrement. Avec respect et attention, tendresse, humour parfois. En bref, une très grande humanité qui le rapproche des photographes de sa génération qui ont fait la réputation des agences Top et Rapho. Son travail sur les mineurs sera publié en 1993 dans « Les enfants de Germinal », aux Editions Hoëbeke.

Sa collaboration avec Réalités qui l’amène à parcourir le monde : Afrique Equatoriale Française en 1951, Mongolie Extérieure en 1955, Moscou, Koweït, Canada, Etats-Unis, Chine, Inde, Brésil … s’achève en 1974. Le magazine cessera de paraître en 1978 : une page de l’histoire de la presse française se tourne. Mais Jean-Philippe Charbonnier poursuit sa route. Il participe avec Agathe Gaillard à la création d’une galerie de photographie en 1975. On le retrouvera l’année suivante au programme des premières Rencontres d’Arles. Il enseigne à l’ESAG, à Paris. Et parmi les nombreuses expositions qui lui sont consacrées en France et à l’étranger, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente une rétrospective de son travail en 1983 qui fait référence. Le Grand Prix de Photographie de la Ville de Paris lui est décerné en 1996.

Jean-Philippe Charbonnier aurait eu 90 ans cette année.

Gabriel Bauret, commissaire de l’exposition

 

En savoir plus

 

Exposition du 26 mai au 26 juin 2011

 


© Jean-Philippe Charbonnier

 


© Jean-Philippe Charbonnier

 


Jean-Philippe Charbonnier © D.R.

 


Lieu : Musée de l’Hospice Comtesse
32 rue de la monnaie, Lille

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