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Transphotographiques / Lille / Hauts-de-France
 

Pierre Faure : Les gisants

Exposition du 4 juin au 31 juillet 2016

 

Né en 1972 à Nice, Pierre Faure vit et travaille dans les Yvelines. Il a étudié les sciences économiques et est aujourd’hui membre du studio Hans Lucas.
Il produit d’abord un travail dans lequel l’abstraction et les évocations organiques occupent une place centrale à l’instar de ses séries Rhizomes, Plis, Palimpsestes qui interrogent le regard du spectateur et jouent avec les notions d’échelle et de perspective. Il aborde également la question sociale en réalisant un travail d’immersion au sein d’une communauté Roms d’Ile-de-France (2011-2012). En 2013 et 2014 il s’intéresse à la vie de personnes en grande précarité accueillies en centre d’hébergement d’urgence et tente de saisir dans ce quotidien les figures d’une humanité blessée. En parallèle à ces travaux, il poursuit depuis 2010 une série sur les arbres en ville, interrogeant la place du vivant en milieu urbain.

Le mot “gisant” vient de gésir qui signifie “être allongé” et désigne dans l’art chrétien médiéval une sculpture funéraire représentant un personnage couché généralement à plat-dos. Rappelant le défunt au souvenir des vivants, la symbolique première du gisant est surtout religieuse, mais est également liée au pouvoir et destinée aux grands serviteurs du royaume. Pierre Faure offre ici une relecture de cette iconographie en photographiant la population des sans-abris dont le nombre a augmenté de 50% depuis 2001, atteignant le chiffre de 141 500 personnes, dont 30 000 enfants début 2012, selon l’Insee. Cette hausse due à l’impact de la crise économique et à l’inflation des prix de l’immobilier dans les années 2000, illustre aussi, pour les associations de défense des mal-logés et des SDF, une gestion saisonnière et à court terme du problème. Malgré l’ouverture de places supplémentaires, le dispositif d’accueil  d’urgence reste saturé : deux appels sur trois au SAMU social restent sans réponse.
Un tiers de cette population est atteinte de troubles psychiatriques sévères dans une proportion trois à cinq fois supérieure à la population générale. Souvent, la maladie était un préalable à la perte de logement, mais, selon une étude de l’Inserm et de l’Observatoire du SAMU social de Paris en 2009, pour la majorité des SDF, les troubles dépressifs, les addictions, de même que les principales pathologies  recensées – anémie, troubles neurologiques ou cardio-vasculaires, fractures, cancers ORL et cirrhoses – découlent essentiellement d’une vie sans logement.
Ce travail a été réalisé entre mars et décembre 2013 dans les locaux historiques de la plus ancienne structure de l’Association Les Œuvres de La Mie de Pain : le Refuge. Fermé en janvier 2014, ce qui fut le plus grand centre d’hébergement d’urgence de France a, dès 1932, accueilli essentiellement des hommes majeurs démunis, leur proposant lit, repas chaud, médecins, vestiaires et douches. Ceux-ci sont désormais hébergés dans un nouveau centre, beaucoup plus moderne.

 

 

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Lieu : Tri Postal
Avenue Willy Brandt
59000 Lille

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